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Raphaël Comte à Berne le 5 mars 2018.
© Anthony Anex/Keystone

Berne

Raphaël Comte, le défenseur de la parité politique

En déposant une initiative parlementaire pour une «représentation équitable des genres» au Conseil fédéral, le Neuchâtelois navigue à contre-courant. Surprise et applaudissements 

Raphaël Comte est-il le nouvel ambassadeur de la cause féminine? En déposant une initiative parlementaire pour une «représentation équitable des genres» au Conseil fédéral, le PLR neuchâtelois s’est profilé là où on ne l’attendait pas. Plus étonnant encore: le petit succès de ce texte au Conseil des Etats, celui-là même qui a torpillé le projet de Simonetta Sommaruga sur l’égalité salariale, au profit de solutions «alternatives», il y a trois semaines.

La parité en politique n’est-elle donc pas l’apanage de la gauche? «Bien sûr que non, rétorque Raphaël Comte. L’égalité entre les citoyens fait partie de l’ADN du libéralisme politique auquel je m’identifie.» Pas question toutefois de passer par des quotas. «Personne n’a envie d’être élu sur cette base, estime-t-il. Le but est d’introduire un principe qui oblige le parlement à s’auto-discipliner.» Cette incitation sera-t-elle suffisante? «Si le texte est accepté au Conseil national, il devra ensuite passer en votation populaire. En cas de fort plébiscite, cela enverrait un signal clair au monde politique.»

L’obligation fâche

Ce n’est toutefois pas gagné, quand on sait qu’en janvier dernier la Commission des institutions politiques du Conseil national a rejeté une proposition de la députée verte Maya Graf, qui appelait elle aussi à une représentation équitable, mais obligatoire cette fois, des femmes au sein du collège. Le texte de sa collègue de parti Sibel Arslan, qui voulait obliger les partis à présenter au moins un tiers de candidates au Conseil national, a subi le même sort.

Lire aussi: L’égalité salariale, ce thriller politique

A l’origine du projet de Raphaël Comte, déposé en septembre dernier, la crainte d’un retour «trente ans en arrière». Aujourd’hui, le Conseil fédéral ne compte que deux femmes, la démocrate-chrétienne Doris Leuthard et la socialiste Simonetta Sommaruga. Un tableau nettement moins diversifié que celui de la législature 2010-2011, où les femmes occupaient quatre postes sur trois. Et la situation pourrait encore se dégrader au moment de la succession de Doris Leuthard, qui se prépare en coulisses.

«Droite conservatrice et androcentrée»

Dans ce contexte, l’ajout d’une petite ligne dans la Constitution pour introduire une équité de genre, comme on considère déjà celle des minorités linguistiques et régionales, suscite l’enthousiasme. Parce qu’il renforce cet équilibre si suisse, mais aussi parce qu’il surprend. «Bravo et merci Raphaël Comte! Démonter les clichés qui voudraient que la droite soit conservatrice et androcentrée est une excellente chose», salue la députée genevoise Natacha Buffet-Desfayes sur Facebook.

Mais tandis que les félicitations abondent de tous les bords de l’hémicycle, certains restent critiques. «On a compris que vous avez mauvaise conscience, mais ce n’est malheureusement pas suffisant comme compensation», lâche la municipale genevoise Olga Baranova, encore remontée par la claque sur la transparence salariale. Pour l’avocat @ymbaechler, la proposition de Raphaël Comte est «plus symbolique que pratique» et «prendra beaucoup de temps».

«Exiger une représentation équitable des genres est une façon politiquement correcte d’assurer qu’au moins la moitié du Conseil fédéral soit compétente», raille quant à lui @Munsterma. «En tout cas, on verra lors des prochaines élections au Conseil fédéral si les grands discours de certains s’appliquent uniquement dans certains cas», note @ArnaudBon20.

«Symbole fort» ou vœu pieux?

Sur son site internet, le PLR suisse considère «l’égalité entre hommes et femmes» comme une «préoccupation importante de politique sociale». Il fustige en revanche les «alibis bureaucratiques» qui «n’amènent aucun bénéfice réel pour les femmes». Espérons que le parti soutienne le petit pas de son député. Pour que ce premier «symbole fort» ne reste pas un vœu pieux.

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