Bon, c’est clair, les gens commencent à entrer dans l’idée de l’urgence climatique. En Suisse, les partis verts, gauche et droite, dépassent ensemble la barre des 20% des électeurs votants, lesquels sont de moins en moins nombreux mais ce n’est pas le sujet. En Allemagne, les Verts sont au pouvoir en Bade-Wurtemberg avec 30%, ou en coalition dans plusieurs Länder. Ils ont fait sensation aux élections européennes en doublant leur score national de 2017, passant de 8,9% à 20,5%. Même en France, mauvaise élève du savoir climatique, les inquiétudes environnementales dépassent maintenant les inquiétudes sociales, 51% contre 49% selon Ipsos. Ailleurs en Europe, le mouvement écologiste progresse et s’infiltre dans les partis de gauche et du centre, qui verdissent chacun leur tour.

Une vie de sauve-qui-peut

Cool! En même temps, le Danemark autorise le passage du gazoduc Nordstream2 sur les 1200 km de ses eaux territoriales en Baltique pour que le gaz russe arrive en Allemagne sans passer par l’Ukraine. Après une longue résistance, il cède aux réalités géopolitiques présentées sous forme d’urgence: un refus, dit-on, aurait mis en danger les moyens de chauffage européens pour l’hiver qui vient. L’Allemagne aurait eu froid, quelle horreur. Sa conscience écologique aurait pris le rhume. D’ailleurs pendant que le Danemark signe pour Nordstream, Berlin donne son feu vert à la mise en route d’une nouvelle station thermique au charbon et Volkswagen annonce une hausse de ses ventes de SUV. La santé économique allemande marche au C02. Pas cool!