L’ONU n’a pu ni éviter ni arrêter le conflit armé déclenché par la Russie en Ukraine. Faut-il pour autant désespérer de l’organisation? Le Conseil de sécurité a pour tâche principale de préserver la paix et la sécurité internationales. En l’occurrence, il est paralysé par le veto russe. Le droit de veto est fondamental dans l’ossature de l’ONU: sans cette garantie, l’URSS ne serait jamais devenue membre de l’ONU. L’offre de Roosevelt à Staline en ce sens a été décisive pour réaliser l’universalité de l’organisation. Les membres permanents, vainqueurs de la Seconde Guerre mondiale, se sont donc octroyé un droit de regard sur les décisions du Conseil de sécurité: il ne sert à rien de contester ce privilège systémique aujourd’hui.