Revue de presse

Rebecca Ruiz a écrasé toute concurrence grâce à sa «délausannisation»

C’est notamment le terme trouvé par «24 heures» ce lundi pour expliquer la victoire du rouleau compresseur que représente l’alliance rose-verte. Lors du premier tour de la complémentaire au Conseil d’Etat vaudois, la candidate socialiste a fait un tabac face à un «réserviste» de droite

Désormais, «seul un séisme l’empêcherait d’entrer au Château en mai», dit 20 minutes. A l’issue du second tour de l’élection complémentaire pour repourvoir le siège de Pierre-Yves Maillard le 7 avril prochain – ce sera long! – la gauche devrait conserver sa majorité au Conseil d’Etat vaudois et la représentation féminine passer de quatre à cinq sièges sur sept. Patrick Le Fort, au 19h30 de la RTS, a usé des mêmes termes: il faudrait «un séisme» pour que Rebecca Ruiz ne soit pas élue au Conseil d’Etat lors du second tour, dans trois semaines:

Car ce dimanche, on le sait, la socialiste est arrivée en tête – largement au-dessus de la mêlée – avec 46,6% des voix et plus de 13 000 suffrages de plus que son suivant direct, l’UDC Pascal Dessauges, qui obtient un score décevant de 37,6%. Un «gouffre» pour le quotidien gratuit, dont les lecteurs en ligne ne sont pas vraiment tendres: avec «ces socialos gauchistes, on va finir par détruire notre société»… Le chef du bureau vaudois de la RTS estime lui aussi que, «même si la droite et la gauche ne peuvent pas l’admettre», les 13 000 voix d’écart entre les deux premiers représente «un gouffre».


Sur le premier tour de cette élection:

Les résultats: Les Vaudois plébiscitent le statu quo

L’éditorial: Gouvernement vaudois: en route vers un «5 à 2»


Sur ce dernier bord politique, bien sûr, on salue un résultat «très net». D’autant que «les attaques nauséabondes dignes d’une cour d’école issues de la droite n’ont pas payé», a déclaré à La Télé Vaud-Fribourg Stéphane Montangero, député socialiste au Grand Conseil. «Trotz Attaken» («malgré les attaques»), estime aussi la Neue Zürcher Zeitung. Au crédit de la gagnante du jour, selon 24 heures, sa domination dans une majorité des districts du canton, sa «délausannisation» donc, joli terme employé par son rédacteur en chef pour qui «le contrat estampillé «copain-coquin» de la criminologue à l’Etat de Vaud n’aura pas fait mouche».

Certes, le quotidien de la place soutient que l’UDC «a de la peine à choisir le bon candidat»: «Quand on préfère un préfet inconnu à son propre chef de groupe au Grand Conseil, on peut bien sûr saluer l’exercice de la démocratie de congrès, mais on se tire surtout une roquette dans le pied. Surtout quand on part au combat contre une machine à profiler des candidats comme la gauche vaudoise sait visiblement si bien en produire.» C’est également le message principal qui ressort des analyses très fouillées de la radio LFM.

La Liberté confirme aussi: «Encore une fois, la machine de guerre de l’alliance socialiste-verte va lui permettre de garder la main sur l’exécutif vaudois. […] A droite – ô rage, ô désespoir – quelle combinaison n’a pas été déjà tentée pour empêcher les roses-verts de s’installer au pouvoir? Le casse-tête conserve son mystère.» Quoi qu’il en soit, la candidate socialiste était «celle qui fonctionnait le mieux», aux yeux de la télévision alémanique:

«L’UDC avait lancé des candidats plus affûtés, déplore le quotidien fribourgeois. Elle a essayé Pascal Dessauges. Réserviste, niché depuis des lustres dans la neutralité de sa fonction de préfet, il devait rassurer. Il a été surtout trop inaudible. Et maintenant, il est prié de faire un exploit.» En attendant, les cinq candidats étaient présents au Forum radiophonique de la RTS quelques heures après le résultat du scrutin, pendant presque 20 minutes:

Pas besoin d’exploit, pourtant, pour cet internaute du Matin.ch – site internet qui ne commente pas – pour lequel «il n’y a pas besoin d’un nouveau Delamuraz. N’importe quelle personnalité à droite sera, quoi qu’il arrive, mieux pour les Vaudoises et les Vaudois. A moins bien sûr, comme certains très à gauche, que vous rêviez que le canton de Vaud se transforme en Venezuela miniature. A ce moment-là, si le chaos, la faim, la détresse l’emporte, alors votez à gauche.» Mais quels que soient les excès de langage, il faut constater, comme La Côte, que «Rebecca Ruiz mène la course», qu’elle a «la mainmise».

Ce qui fait écrire à la Basler Zeitung que «les bourgeois se trouvent une nouvelle fois sous la menace d’échouer». La socialiste a «juste manqué de faire sensation» en étant élue au premier tour. Le résultat de Pascal Dessauges le montre: à droite, «l’alliance n’a pas fonctionné». Et à gauche, la solidarité est de mise:


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