Il y a trois ans, un triste événement a marqué l’histoire des Etats-Unis: leurs premiers réfugiés climatiques. Du fait de la hausse rapide du niveau de la mer, une petite île de Louisiane, l’île de Jean Charles, est en train d’être submergée. Aussi la petite communauté d’Amérindiens cajuns qui y habitait depuis longtemps (les Biloxi-Chitimacha-Choctaw) a-t-elle été contrainte d’abandonner les lieux. Dans les années à venir, des centaines de communautés à travers les Etats-Unis connaîtront le même sort, même si les émissions de gaz à effet de serre cessaient immédiatement.

Malgré le consensus scientifique quant aux causes et aux conséquences désastreuses et imminentes du réchauffement climatique, les dirigeants politiques continuent à faire la sourde oreille. Même avant que Donald Trump ne décide le retrait américain de l’Accord de Paris sur le climat de 2015, les Etats-Unis n’avaient pas pris de mesures suffisantes pour réduire drastiquement leurs émissions. Les militants pour le climat disent de plus en plus que la cause en est le capitalisme, ou plus précisément l’idéologie néolibérale qui domine la politique économique en Occident depuis au moins quarante ans. Alors que le débat sur un New Deal vert enfle, il faut appréhender le rôle que joue le néolibéralisme pour freiner au maximum les réductions d’émissions, l’abandon des énergies fossiles et l’adoption des énergies renouvelables.