Le thermomètre affiche 0°C. Qu’à cela ne tienne, j’enfile mon manteau et descends battre le pavé. Ma mission: récolter des signatures contre l’achat d’avions de combat. Le résultat s’élève à une vingtaine de paraphes à l’heure, si je suis bien placée et si j’use de stratagèmes pour me défaire des bavards. Il faut compter quelque 60 000 signatures pour faire aboutir un référendum et 120 000 pour une initiative. Si on les rapporte à mon heure de militantisme, on mesure l’engagement.

En trente ans, presque autant de référendums et d’initiatives ont abouti que les cent années précédentes, autant dire que je ne suis pas la seule à mouiller ma chemise. Voilà la face visible. De l’autre, il y a du boulot. Prenons seulement la vérification des signatures: les regrouper par lieu de résidence, les envoyer à chaque commune pour validation. En sachant qu’il existe quelque 2200 communes en Suisse, c’est autant de timbres et de logistique… souvent déléguée à des entreprises à but tout à fait lucratif.