Digitale attitude

Reconnaissance faciale: bientôt la fin de l'anonymat

Un jour, on pourra prendre une photo d’un parfait inconnu et l’identifier sur Internet

Les technologies de reconnaissance faciale de plus en plus performantes sont capables aujourd’hui d’identifier une personne en comparant son visage à des bases de données de millions de photos provenant de caméras de vidéosurveillance, d’appareils photos numériques, de smartphones et des caméras vidéo corporelles portées par la police.

Utilisés dans les lieux publics, ces appareils jouent un rôle dissuasif et permettent d’identifier l’auteur d’un crime ou d’un acte terroriste. Et les immenses bases de données constituées par les Etats se justifient pour des raisons sécuritaires. L’atteinte à la vie privée est un effet secondaire, un dommage collatéral, car ces photos sont prises à notre insu et sans notre consentement.

Cependant, la base de données d’images la plus importante au monde n’a pas été constituée par un gouvernement. Elle appartient à Facebook, et elle est alimentée à longueur de journée par les utilisateurs eux-mêmes. Ils téléchargent des centaines de millions de photos sur le réseau social et volontairement «taguent» ou identifient les visages de leurs amis.

Facebook s'améliore

Selon un document publié en juillet 2015, les 1,15 milliards d’utilisateurs du réseau social téléchargent 350 millions de nouvelles photos tous les jours. Cela représente 217 photos par personne. A titre de comparaison, le Programme d’identification de nouvelle génération (NGI) du FBI devrait atteindre 51 millions de photos d’ici la fin de 2015, et la police britannique, avec ses 5 millions de caméras de télésurveillance, compte 18 millions de photos de personnes dans sa base de données.

Facebook continue à améliorer sa technologie. Son nouvel algorithme est capable de reconnaitre avec une fiabilité de 83% une personne dans une image, même si son visage est dissimulé, en se basant sur sa posture corporelle. Le logiciel recherche des caractéristiques uniques, comme la coiffure, les vêtements portés, la forme du corps et sa position. Les mêmes indices qui nous permettent de reconnaître instinctivement quelqu’un de loin, de profil ou de dos.

Un jour, nous pourrons prendre une photo d’un parfait inconnu et l’identifier sur Internet. Ce sera le dernier clou dans le cercueil de l’anonymat.

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