Revue de presse

Redevance radio-TV: on passe de Billag à Serafe, et c’est un peu la gabegie

Des centaines, voire des milliers de factures faussement adressées ont été envoyées aux premiers «clients» du percepteur de la taxe. Les médias déplorent un grave manque de communication entre l’Ofcom, les contrôles des habitants et l’entreprise mandatée

Vous l’avez peut-être vu passer, ce nouveau courrier. L’entreprise Serafe, qui remplace Billag, a envoyé en janvier 3,6 millions de factures, dont un certain nombre mal adressées. Une réunion a eu lieu avec l’association faîtière des contrôles des habitants. La situation devrait s’améliorer rapidement, selon l’Office fédéral de la communication (Ofcom). Sur le total des envois, «le nombre d’erreurs est estimé entre quelques centaines et quelques milliers». Ce ne serait donc «pas le chaos» décrit par les médias, selon l’Ofcom, qui a soigné sa… com:

Et pourtant, il se dit «fâché», dans 20 minutes, le municipal PLR de Lausanne Pierre-Antoine Hildbrand, qui «fulmine après les couacs rencontrés sur de nombreuses factures […]. La raison: la société donne pour consigne aux personnes concernées de systématiquement contacter le contrôle des habitants de leur commune afin que ces dernières communiquent à Serafe les données correctes» de leur registre.

Des communes débordées

«Plusieurs villes» ont cependant répondu au quotidien gratuit «n’avoir jamais eu de contact» avec Serafe «et n’avoir transmis aucun fichier. C’est en fait la Confédération qui met à disposition de Serafe les registres centralisés par tous les cantons.» Alors «les guichets des communes ont vite pris la mesure du problème», débordant d’appels de protestation. Une confusion totale. D’ailleurs, «le contrôle des habitants n’a pas vocation à faire le service après-vente pour les erreurs que peut faire une entreprise qui a gagné le marché de la perception de la redevance. C’est à eux, d’abord, de faire le contrôle des données», estime Pierre-Antoine Hildbrand.

Alors, puisque tout le monde se renvoie la faute, «qui est responsable du cafouillage?» se demandent les quotidiens romands de Tamedia. «Partout en Suisse, des milliers d’adresses se révèlent fausses ou imprécises. Voisins de palier figurant sur une même facture, personnes décédées mentionnées comme «solidairement responsables», changement d’adresse non pris en compte, etc.» Mais «le mystère sur l’origine de ces bourdes demeure» et dans «toute cette histoire», il y a – c’est le comble – «un grand manque de communication».

«Si la nouvelle société cherchait à faire oublier son prédécesseur, souvent décrié par le passé, c’est raté!» ironisent du coup La Côte et les autres journaux du groupe ESH Médias. «Plusieurs personnes ont fait part de leur mécontentement sur les réseaux sociaux. Sur certaines factures, un voisin habitant le même immeuble était considéré comme un membre du ménage, entre autres exemples d’erreurs commises par Serafe. Le porte-parole de la société, Erich Heynen, confirme les problèmes de facturation au Tages-Anzeiger. S’il ne peut dire précisément combien de ménages sont touchés, il évoque plusieurs centaines de cas.»

«Depuis le 1er janvier, personne n’a plus à craindre qu’un contrôleur de Billag apparaisse devant sa porte d’entrée sans prévenir et tente de repérer un poste de télévision», constate pour sa part la Neue Zürcher Zeitung. Elle relève aussi qu’il n’est pas toujours évident de savoir qui vit avec qui dans un appartement et à quel moment, car cela ne regarde pas les autorités. Du moment, donc, que tout le monde reçoit une facture de redevance, la situation a changé, et il semble «normal» que des imprécisions aient surgi dans la mutation. Cela n’explique pourtant pas pourquoi Serafe ne répond pas aux questions du Blick.

Sur les réseaux, notamment sur les pages Facebook du Nouvelliste et de Canal 9, commentaires et ricanements des internautes vont bon train sur ce «grand n’importe quoi qui se poursuit», selon – sans doute – les ex-soutiens de l’initiative «No Billag». Et sur Twitter, Romanoff‏ (@romansf70h), par exemple, fait part de son dépit, avec quelque humour: «Première facture, première erreur. Apparemment je partage mon ménage avec une personne que je ne connais pas.»


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