Au printemps, en plein débat sur l’égalité des genres ou la tentative de sauvetage de la Création, l’Occident sort brusquement de sa torpeur. Les Européens se réveillent en écarquillant les yeux devant les images de Bergame où le Covid-19 avait atterri en provenance de la lointaine Chine. Les nouvelles dramatiques rapportées par des commentateurs angoissés affolent tout le continent.

L’anesthésie des discours

Soucieuses de calmer la peur qui gagne les peuples, les autorités nationales réagissent avec empressement. Elles suivent mutuellement l’exemple de leurs homologues des autres pays de crainte de faire moins bien qu’eux et d’être accusées d’irresponsabilité. Pour gérer cette crise, toutes suivent les multiples avis d’experts sanitaires qui ne savent alors pas grand-chose au sujet de ce virus. Incertitude, affirmations péremptoires, fausses réponses, demi-vérités dessinent le cercle vicieux du doute et de l’anxiété.