Editorial

Réformer les hôpitaux, un impératif à Neuchâtel

Tandis que les autorités politiques du Haut font preuve d’un jusqu’au-boutisme aveuglant en faveur d’un modèle dépassé, le ministre Laurent Kurth a pris acte que Neuchâtel ne peut plus vivre en autarcie

Comme d’autres cantons avant lui, Neuchâtel s’entre-déchire sur le difficile dossier de la réforme hospitalière. En plus du principe de réalité imposé par la législation fédérale qui exige des concentrations, de la pénurie de personnel, des nécessaires tailles critiques pour obtenir les accréditations, des impératifs de concurrence et financiers, Neuchâtel complexifie son propre débat par sa situation géopolitique interne et son opposition entre Haut et Bas.

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Au point d’oublier l’essentiel: comment doter le canton de 180 000 habitants de structures de santé, l’hôpital n’en étant qu’une parmi d’autres, qui répondent aux besoins de la population? S’extirpant du marchandage des missions hospitalières réparties entre établissements, le ministre Laurent Kurth propose une vision globale. Pour demain et une population vieillissante, avec l’intention de garder la main sur le système. Peut-être devrait-il davantage intégrer les structures privées.

C’est une chimère de faire croire aux Neuchâtelois que, le 12 février, ils peuvent choisir entre le programme centralisateur de Laurent Kurth – soins aigus à Neuchâtel, réadaptation à La Chaux-de-Fonds – et une initiative qui leur promet deux hôpitaux présentés comme autonomes et complémentaires. Le programme à deux établissements plus modestes poussera les patients à se faire soigner hors du canton. Il sera plus cher dans son fonctionnement et il ne trouvera pas le personnel soignant nécessaire, faute d’activités en suffisance.

Avec un jusqu’au-boutisme aveuglant en faveur d’un modèle dépassé, nostalgique de la belle époque horlogère du milieu du XXe siècle, les autorités politiques des Montagnes, de La Chaux-de-Fonds en particulier – qui connaît de surcroît une grave crise financière –, disent implicitement qu’elles refusent de s’adapter aux exigences modernes, qu’elles plaisent ou non. Alors que le programme gouvernemental leur offre un établissement hospitalier du futur avec un centre de réadaptation, elles y voient à tort un mouroir.

Lui-même longtemps aveuglé et croyant que son canton pouvait mener sa propre politique hospitalière autarcique, Laurent Kurth a fait une révolution personnelle qui devrait inspirer ceux qui le vouent à tort aux gémonies. En définissant son modèle hospitalier, Neuchâtel se positionne en faveur de réformes nécessaires ou cautionne un déclin garanti par la défense d’un statu quo devenu obsolète. Neuchâtel cherche de la reconnaissance externe pour ses innovations industrielles. Le canton a besoin de la manne fédérale pour compléter et moderniser ses structures de mobilité, route et rail. Pour ces raisons-là aussi, les Neuchâtelois n’ont d’autre choix que d’opter pour un système hospitalier compatible avec le cadre fédéral.

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