En sport comme en économie, la confiance est contagieuse. Au moment où la Nati élargit les rangs de ses supporters pris au jeu du Mondial, l'économie suisse accumule les signaux positifs. Cela a commencé avec les exportations, s'est étendu aux investissements, à la consommation intérieure, à la décrue du chômage...

Le rythme de 3,5% de croissance enregistré au premier trimestre est - à l'exception du pic de l'an 2000 - le meilleur depuis la fin des années 1980. Il nous place devant nos voisins et tout près des Etats-Unis, que la Suisse pourrait dépasser cet été s'il se maintient.

Comment un pays présenté il y a encore dix-huit mois comme le traînard de l'Europe, «en panne de croissance», a-t-il opéré ce retournement? Il se réforme. Voilà qui mérite d'être souligné, car si les changements effraient quand ils sont devant nous, on salue rarement leurs effets salutaires après coup.

Prenons du recul. Les secteurs de la finance et de la pharma, moteurs puissants de la croissance actuelle, ont profondément évolué ces dernières années. L'industrie a subi un bouleversement plus profond encore (pensons à l'horlogerie): elle s'est allégée, adaptée à la globalisation. La construction a commencé sa consolidation. Sans surprise, les secteurs plus exposés à la concurrence ont été les premiers à se remettre en question. Ils récoltent - nous récoltons - les fruits de leurs efforts.

Raison de plus pour ne pas oublier les réformes qui restent à faire. Le tourisme suisse demeure insuffisamment productif, l'agriculture et l'économie locale sont encore au début du processus, de même qu'une partie du service public (même si des signes encourageants proviennent de ce côté-là).

La Suisse ne doit pas tomber dans l'autosatisfaction, rappelait jeudi la Banque nationale suisse. Ce d'autant plus qu'en sport comme en économie la confiance est un état de grâce fragile. Poursuivre les réformes, c'est le meilleur entraînement pour le prochain match.

Le Temps publie des chroniques et des tribunes – ces dernières sont proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Qu’elles soient écrites par des membres de sa rédaction s’exprimant en leur nom propre ou par des personnes extérieures, ces opinions reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du titre.