Digitale attitude

Les réfugiés prennent la parole contre les stéréotypes racistes

La campagne de Réfugiés Bienvenue, service d’accueil à domicile, vise à démonter les clichés liés aux migrants qui se pressent en Allemagne

Le sentiment anti-immigrants est grandissant en Allemagne, où plus d’un million de réfugiés sont arrivés depuis douze mois. Pour lutter contre le racisme, Réfugiés Bienvenue, un service d’hébergement de demandeurs d’asile chez des particuliers, a réalisé une série de bandes-annonces pour contrer et démystifier les préjugés les plus courants.

Chaque court-métrage est le témoignage d’un migrant qui livre son histoire personnelle, appuyé par des faits et parfois même distillé avec humour. En montrant de vrais visages, l’objectif est de faire comprendre qu’il est un être humain comme les autres, qui a dû quitter son pays par nécessité. Et chacun d’entre eux s’attaque à un cliché spécifique: criminalité, désir d’enrichissement, volonté de profiter du système, intégration.

La fonction «Skip Ad» désactivée

Afin d’assurer la visibilité de la campagne sur YouTube, Réfugiés Bienvenue a acheté des mots-clés en relation avec l’idéologie d’extrême droite, telle que celle véhiculée par le groupe anti-islamique allemand Pegida. Par exemple «Lutz Bachmann» – du nom de son fondateur – ou encore, en traduction: «Réfugiés dehors» et «Réfugiés terroristes».

L’internaute qui fait une recherche en utilisant ces termes n’aura accès au véritable contenu qu’après avoir visionné le film dans son entité, et la fonction «Skip Ad» ou «Ignorer» qui permet d’habitude de sauter le déroulement de la «pub» est désactivée. Il s’agit là d’un nouveau format de vidéo, baptisé Bumper Ads, que Google compte d’ailleurs offrir à l’ensemble de ses annonceurs à partir du mois de mai.

En Grande-Bretagne, la campagne d’affichage «I am an immigrant», placardée dans les stations de métro en 2015, avait déjà capté l’attention du public en donnant la parole aux immigrés qui contribuent à l’économie du pays: «Je suis médecin», «Je suis réceptionniste», «Je suis conducteur de métro», «Je suis enseignante»… Une campagne qui se poursuit sur le Web, grâce à une levée de fonds sur un site de crowdfunding, avec la création d’un site européen où tout immigrant peut réaliser sa propre affiche et faire entendre sa voix.

Internet? Un moyen de communication redoutable pour véhiculer la haine, mais aussi un outil puissant pour faire passer des messages de tolérance.

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