Les débats sur l’initiative anti-burqa vont bon train. On ne peut qu’être frappé par l’impression que les adversaires ne parlent pas des mêmes choses et que leurs arguments s’échangent à des niveaux différents. Les opposants se placent à trois niveaux: particulier, en soulignant le nombre infinitésimal des personnes concernées en Suisse; général, en reprochant à l’initiative de stigmatiser toute une catégorie de population; global, en criant à la violation des droits humains.

Les partisans de l’initiative, eux, pensent que le problème n’est pas dans le nombre de porteuses de burqa, ils estiment que cet accoutrement n’est que le symptôme d’un mal plus profond, le fondamentalisme islamique; ils font une distinction entre le musulman et l’islamiste et ils refusent la culpabilisation globale de notre société en s’élevant contre les thèses post-coloniales, du genre et de la diversité, venues des Etats-Unis qui pénètrent de plus en plus les universités, les médias et certaines couches politiques et intellectuelles.