Editorial

Remettre le client au centre de l’équation

Les établissements rechignent à donner des informations sur les performances des portefeuilles, alors que les clients sont toujours plus désireux de les comparer. Une plus grande transparence bénéficierait pourtant à la place financière dans son ensemble

Posez la question à un banquier et vous sentirez probablement une gêne. Combien les placements ont rapporté aux clients l’an dernier reste un sujet tabou. Essayer de les comparer donne carrément l’impression d’être mal poli.

Le test réalisé la semaine dernière est patent. Des banques questionnées, une seule a été en mesure de nous répondre. On peut les comprendre, au moins en partie: opacité oblige, elles ne savent pas comment leurs concurrentes font leurs calculs et si elles seront comparées sur les mêmes bases. Elles craignent aussi les réactions de clients dont le gérant aurait fait moins bien que la moyenne avancée par la banque.

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Mais cette gêne face à un sujet central est suspecte, elle donne l’impression que les performances sont mauvaises, ce qui n’est pas nécessairement le cas. En réalité, elles sont même plutôt honorables, compte tenu de l’environnement difficile en général et des taux négatifs en particulier. Reste qu’elles sont largement en dessous de ce que le secteur a pu connaître avant la crise financière de 2008.

Le sujet est plus que jamais d’actualité. Les clients, désormais pour la plupart en règle du point de vue fiscal, ne se contentent plus de leur économie réalisée par l’évasion fiscale. Ils veulent du rendement. Et, corollaire de ce changement, ils sont aussi plus regardants sur les coûts de la gestion, relativement indolores lorsque les performances étaient meilleures. La tendance apparaît en Suisse, mais une plus grande transparence sur les rendements existe déjà en Grande-Bretagne ou dans les places financières asiatiques.

Les mentalités évoluent

Les clients ne sont d’ailleurs pas les seuls à être intéressés. Les banques elles-mêmes, tout en restant discrètes sur leurs propres résultats, ont souvent voulu savoir quelles étaient les performances avancées par leurs rivales.

La bonne nouvelle? Des moyens de comparaisons se développent et sont simples à utiliser même pour des clients qui ne seraient pas des experts de la finance. En outre, ces solutions sont développées en partenariat avec les banques, signe que les mentalités évoluent.

Dans un secteur qui doit tout à la confiance et à la réputation, ce début de transparence est une opportunité. Surtout s’il pousse les banques à mieux savoir ce dont elles sont capables et à se confronter à leurs rivales. Et pourquoi pas, à réfléchir et à se mettre d’accord sur des standards permettant de se comparer plus facilement? Une façon idéale de garder le client au centre de l’équation. Il pourra ainsi choisir sa banque en toute connaissance de cause.

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