Entre cette figure emblématique de la lutte contre la corruption et Nicolas Sarkozy, ­le courant

n’est jamais passé. Une brouille qui remonte à la fin des années 1990, lorsque le magistrat avait repoussé, un peu sèchement, les offres d’amitié du futur président.

Son rôle dans Clearstream – c’est à lui que Jean-Louis Gergorin envoie les faux listings, le poussant à lancer une série de demandes d’entraide, notamment en Suisse – précipite sa disgrâce. Depuis, la hiérarchie judiciaire bloque son avancement. Les enquêteurs lui reprochent de les avoir informés tardivement de l’identité du «corbeau».

Pour l’un de ses anciens confrères, Renaud Van Ruymbeke n’avait pas le choix. «C’est le devoir d’un magistrat de vérifier toutes les sources. On ne peut pas exclure des pistes a priori, même celles qui semblent fragiles.» Reste à comprendre pourquoi ce juge expérimenté n’a pas été plus méfiant face au scénario extravagant que dessinaient les listings.

Les Opinions publiées par Le Temps sont issues de personnalités qui s’expriment en leur nom propre. Elles ne représentent nullement la position du Temps.