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Supporters durant le match Serbie-Suisse vendredi 22 juin à Berne.
© Anthony Anex/Keystone

La vie à 30 ans

Rendez-vous dans la «fan zone» du Mondial de foot!

OPINION. Pendant la Coupe du monde, elle est le lieu où il faut être, entre saucisse-pain, commentaires à (très) haute voix et insultes. Les fans zones incarnent l’été du cœur, aux yeux de notre chroniqueuse

Bien sûr il y a ceux qui préfèrent la proximité du frigo à la file d’une dizaine de minutes au bar, et le confort de leur canapé à la gêne physique de la foule. Certains remplissent en prévision leur caddie de grillades, bières et chips estampillées Coupe du monde, tandis que d’autres, à la mi-temps, se contentent de ce qu’on leur sert au stand: «Saucisse-pain? Eh bien, saucisse-pain!» Chez eux, avec le son du commentaire télé à fond, j’en connais qui se lèvent d’un bond pour enfin crier, plusieurs fois tous les quatre ans, à travers le mur de leur appartement. Mais les autres hurlent leur joie à ciel ouvert, jusqu’à tomber parfois dans les bras de parfaits inconnus.

L’occasion de la démesure

A la rédaction, tous les après-midi, les écrans du centre de la newsroom diffusent les matchs en silence, et personne ne se plante vraiment devant. «Ah, tout de même 3 à 0», laisse échapper un collègue, jusque-là absorbé par son dossier, en levant la tête vers l’affrontement Uruguay-Russie. Mais j’ai adoré que l’un d’eux descende à la fan zone d’Ouchy, à Lausanne, en pleine journée, pour encourager son équipe et vibrer avec les siens. Car la fan zone, c’est l’occasion de la démesure. Les émotions y sont amplifiées et surjouées, comme si on vivait cela là-bas, à Togliatti ou à Moscou.

«Cloner Sommer»

Ce qu’on y trouve de formidable, c’est le mélange d’euphorie et d’analyse fine. Car on y lance des commentaires à voix trop forte, insultes, blagues, mais aussi des remarques tactiques profondes. Il existe sottement l’idée qu’en bande, les supporters deviennent encore plus bêtes que des supporters. Mais c’est le contraire. Parfois l’équipe, le team spirit de la fan zone – qui existe autant que sur le terrain – tire tout le monde vers le discours tactique hurlé. Mais subtil. J’y ai entendu depuis le début du Mondial nombre d’explications éclairantes sur le 4-2-3-1, les complexités du VAR, le positionnement habile de Sommer sur sa ligne ou son caractère indispensable à la réussite de la Nati. «Il faut le cloner, Sommer» m’a, par exemple, semblé une idée à creuser.

Une croix suisse grimée au rouge à lèvres

Surtout, les rassemblements officiels ou organisés sur les places ou devant les bistrots sont chez nous les derniers endroits vraiment populaires du football. Les télés de salon sont tristes, les places au stade de plus en plus chères, faites pour sponsors et VIP. Alors se grimer le drapeau suisse sur les joues avec un vieux rouge à lèvres pour chanter, crier, rire ensemble, c’est l’été du cœur, et il bat quand il y a but. Rendez-vous à la fan zone.


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