La grande pauvreté révélée par la pandémie ainsi que son augmentation doivent être reconnues et dénoncées. Les pouvoirs publics doivent tout mettre en œuvre pour l’atténuer et la combattre. L’extrême précarité touche autant les Suisses que les étrangers, avec ou sans statut légal. Personne n’avait imaginé la survenue d’une crise socioéconomique d’une telle ampleur, une pareille hausse de la pauvreté en Suisse n’a probablement pas été observée depuis la Seconde Guerre mondiale.

Comme l’ont relevé notamment Caritas et le Centre social protestant, 34% des Suisses ont vu leurs revenus baisser et la précarité se généralise en Suisse romande. Elle est particulièrement prononcée dans l’Arc lémanique où de plus en plus de personnes courent le risque de perdre leur logement car elles sont dans l’incapacité de payer leur loyer. Le chômage a grimpé de 3,6% en 2019 à 5,4% en 2020. Le taux de recours à l’aide sociale a augmenté de 8% l’an dernier. La politique fédérale contre la pauvreté a montré ses limites de façon criante. Les programmes nationaux de lutte contre la pauvreté sont insuffisants car leur mise en œuvre relève de l’appréciation des cantons, qui en assument eux-mêmes la charge selon leurs propres moyens.