Dans la foule en liesse qui entoure Bernie Sanders, on les distingue en nombre, ces bouilles fraîches aux contours rebondis de la jeunesse. L’espoir, le changement, c’est ce que ce candidat de 78 ans rêve d’incarner. Non sans succès, puisqu’il avait explosé les compteurs chez les moins de 30 ans lors de la dernière investiture démocrate aux Etats-Unis. Il faut avouer que sa concurrente, Hillary Clinton, n’était pas de la première jeunesse non plus.

D’ailleurs, parmi celles et ceux qui cherchent désormais à déloger le septuagénaire Trump, la plupart sont issus de la même génération que lui. J’entends déjà le reproche: jeunisme. Certes, l’expérience affine nos perspectives et les années confèrent une certaine sagesse. Attribuer aux plus anciens des tâches politiques a une histoire plus longue que celle des Etats-Unis: sénateur et sénile ont en commun leur radical latin, la vieillesse. Puis de toute façon, les jeunes ne vont pas voter, diront celles et ceux que l’âge a aigris.