Dans une semaine, les successeurs d’Ueli Maurer et Simonetta Sommaruga seront désignés. Leur élection ne créera pas de séisme politique, mais un renouvellement salutaire.

Depuis des mois, le Conseil fédéral dysfonctionne. Certes, le gouvernement a globalement bien géré la crise du covid. Mis à part quelques provocations d’Ueli Maurer, il a été plutôt uni. Mais le retour à la normalité a été accompagné de tensions grandissantes. Tout d’abord sur le dossier européen où la situation demeure bloquée. Il y a aussi eu le pataquès autour de la neutralité. Ignazio Cassis voulait la redéfinir et son rapport a été retoqué par tous les autres ministres. La gestion de la crise énergétique a également très mal démarré avec des dissonances entre Guy Parmelin et Simonetta Sommaruga. La confiance est aussi rompue entre plusieurs conseillers fédéraux.

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Bref, le collège n’en est plus vraiment un. L’arrivée de deux nouveaux ministres créera une autre dynamique. D’autant que trois des quatre candidats officiels sont des politiciens aguerris, avec pour les deux socialistes une longue expérience dans un gouvernement cantonal. L’élection du Zurichois Hans-Ueli Vogt serait, elle, une prise de risque que peu de parlementaires souhaiteront. Politicien atypique, le professeur de droit est à la fois un souverainiste affirmé et très ouvert sur les questions sociétales.

Albert Rösti est, lui, l’idéal type du conseiller fédéral. Avec un fort réseau, un ancrage important dans son parti, tout en étant capable de compromis. C’est aussi un homme qui respecte la collégialité et les institutions.

Hauts fonctionnaires surtout alémaniques

Pour la succession de Simonetta Sommaruga, les parlementaires devraient là aussi jouer la carte de la sécurité. Eva Herzog n’effraie pas à droite et elle aussi se pliera totalement aux règles. De plus, son élection évitera un débat homérique sur la représentation latine au sein du gouvernement. Malheureusement, personne ne rappelle que toutes les secrétaires d’Etat sont Alémaniques et que les hauts fonctionnaires latins sont rares à Berne.

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Elisabeth Baume-Schneider ne sera donc pas, sauf énorme surprise, conseillère fédérale. Mais la Jurassienne réalise un parcours sans faute. Elle s’est fait connaître de tout le pays et les Alémaniques ont découvert son bilinguisme. Son discours est moins lisse que celui de sa collègue bâloise et assurément son élection donnerait davantage de vivacité au gouvernement.

Pas de doute, les deux grands favoris, Albert Rösti et Eva Herzog, sont taillés pour une telle fonction. Ils seront certainement des conseillers fédéraux efficaces à défaut d’être flamboyants. De toute manière, leur arrivée changera positivement la dynamique du Conseil fédéral.

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