C’est le genre de sujet que Berne préfère éviter pour ne pas fâcher Pékin. Mais les faits sont têtus. Après la publication des «China Cables» par un consortium de journalistes qui attestent l’étendue du système de camps de rééducation au Xinjiang (on parle d’un million de personnes enfermées contre leur gré), deux parlementaires ont posé des questions au Conseil fédéral. «Dans le cadre de l’accord de libre-échange avec la Chine, la Suisse évoquera-t-elle la question du travail forcé lors de son comité mixte?» demande la socialiste lucernoise Prisca Birrer-Heimo.

«Quelles sont les conséquences de cette affaire pour la politique suisse envers la Chine?» renchérit son collègue de parti Fabian Molina. Le 9 décembre, le Conseil fédéral répond qu’il est en effet «préoccupé par la situation des droits de l’homme au Xinjiang» et qu’il a eu à plusieurs reprises l’occasion de le faire savoir. Il précise que cette fois-ci le DFAE et le Seco se sont par ailleurs adressés aux entreprises suisses «exposées» au Xinjiang et qu’elles sont pour «la plupart conscientes des risques dans cette région». On apprend par ailleurs que, dans un proche avenir, le Seco «prévoit d’inviter des parties prenantes du secteur privé à une table ronde».