La mission du maintien de l’ordre provoque le plus grand trouble policier, la plus forte ambivalence qui soit. Alors même qu’il s’agit d’une fonction régalienne de sécurité intérieure, son déploiement indispose la nature intrinsèque de toute police de droit. En Suisse, plus d’un officier, interrogé sur cette activité contraignante, parle d’une forme de schizophrénie professionnelle. Dans cette activité hostile, le policier est comme dépossédé de ses facultés initiales. Le policier est fait pour la paix, et le voici, en mobilisation d’ordre, projeté sur un terrain de confrontation, un terrain de guerre.