Des vies transformées avec, en prime, des bénéfices pour l’économie: difficile de trouver à redire lorsque les autorités genevoises se félicitent de Papyrus. L’opération de régularisation a permis, en deux ans, à 2390 travailleurs sans papiers de sortir de la clandestinité, leur offrant ainsi le pouvoir, jadis inespéré, d’arpenter les rues sans crainte, de refuser un salaire de misère ou encore de retourner voir leurs proches au pays, après des années d’absence.

Ce succès dépasse les gains individuels ou collectifs engendrés – quelque 5,7 millions de francs pour les assurances sociales du canton notamment. Il est bel et bien question d’un changement de paradigme. En refusant de fermer les yeux sur la réalité opaque du travail au noir, les autorités genevoises ont envoyé un message fort, de dignité et de reconnaissance envers ceux qui accomplissent un labeur de l’ombre dans des conditions parfois inhumaines. Envers les employeurs peu scrupuleux aussi.