Estelle est un prénom qui vient du mot latin stella, signifiant «étoile» et du mot grec eustelle, («beau»). C’est donc tout naturellement que Le Nouvelliste, particulièrement affecté par la disparition tragique de la reine du freeride, ce mardi au-dessus d’Orsières (VS), titre à la une: «Estelle, étoile filante». Estelle dont les yeux clairs et le sourire malicieux illuminent les pages des journaux au lendemain du drame qui a suscité un véritable choc.

A la sobre enseigne de «#RIPestelle» – comme sur Twitter où coulent les larmes et s’exprime une immense émotion – le quotidien valaisan écrit dans son éditorial que «les montagnes du monde sont en deuil». Elles sont orphelines «d’une jeune femme extraordinaire, fraîche icône d’une jeunesse dynamique»: «A son caractère extraverti, à son côté festif et, pour tout dire, à son insolence juvénile, résonnait en écho une voix intérieure humble, artistique, peut-être mystique. […] Magnifique, extrême. Et maintenant vole, Estelle, vole.»

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La Tribune de Genève, elle aussi, rappelle cet âge où la mort ne devrait pas survenir: «Elle avait 21 ans.» Et «elle respirait le bonheur, elle avait des projets plein la tête et les jambes. Sainement ambitieuse, intrépide mais pas tête brûlée, volontaire plutôt que forçat. […] Estelle était une rideuse naturelle qui à chaque courbe tracée dans la poudreuse prenait autant de plaisir qu’elle en donnait à ses admirateurs. […] Estelle laisse une trace beaucoup trop courte. Mais elle ne s’effacera jamais.»

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Sur le site de 20 minutes, tous réagissent également avec une infinie tristesse. Le gratuit parle d’un «élan de sympathie à l’échelle mondiale». Paris Match a par exemple bien vu que sur Facebook, elle «partageait chaque jour ses aventures dans la neige». Le 17 avril dernier, elle racontait encore «sa joie d’être en tournage et disait ne pas pouvoir attendre avant de recommencer, la semaine prochaine». Elle «dévalait les pentes avec une rage de vaincre inébranlable».

En plus de CNN et de L’Equipe, avec plusieurs milliers de partages de la nouvelle, le New York Times évoque, via AP, la joie de vivre de la Valaisanne. Les médias européens sont nombreux à lui rendre hommage: le Spiegel allemand se réfère notamment au très bon travail journalistique en ligne de Watson.ch; et La Stampa de Turin écrit que «le snowboard pleure sa reine».

Il y a une dizaine de jours, juste après sa victoire à l’Xtreme de Verbier, Estelle Balet avait été l’invitée, très bonne joueuse et franchement rigolarde face aux âneries de Vincent Kucholl dans l’émission satirique 26 Minutes de la RTS. Elle y avait confié sa «peur des avalanches, des blessures, mais surtout des avalanches», tout en reconnaissant se «shooter à l’adrénaline»:

«Nul ne la verra plus sourire» cette fille qui «adorait la montagne, ici et ailleurs. Elle ne la quittera plus»: L’Illustré, de son côté, publie un bel album photos de la championne du monde. Alors que Le Huffington Post rappelle qu’elle «faisait partie des sportives les plus prometteuses de sa catégorie». Quant au Blick, il donne la parole à l’ancien champion de ski Bernhard Russi, qui évoque le souvenir de sa première épouse, Michèle, morte elle aussi dans une avalanche. Et parle aussi de l’intense activité d’Estelle sur les réseaux sociaux, particulièrement Instagram, dont le site Pure People donne quelques exemples:

Dernièrement, lors d’une courte interview pour le Freeride World Tour 2016, elle livrait quelques-unes de ses préférences hors snowboard, indique le site e-adrenaline.
«Son meilleur rideur du moment: Travis Rice. Ses films préférés: La Boum et Denis la malice. Si elle avait eu un souhait: retourner dans les années 60 et acheter une Coccinelle rose. Malgré son jeune âge, Estelle Balet nous laisse en héritage le profil d’une athlète accomplie, courageuse et qui profitait de chaque instant de sa vie.»

Largement de quoi justifier sa présence, ce jour, sur les sites germanophones, italophones et anglophones du monde entier. «A la fin, c’est la montagne qui gagne», titre de son côté la Neue Zürcher Zeitung: «Estelle Balet est morte beaucoup trop tôt. Que la vie lui ait tant donné n’est que maigre consolation.» Alors que «God Bless her. Rest In Peace», concluent deux internautes sur Facebook.