Les réseaux de soins représentent l’avenir du système de santé en Suisse. Un modèle qui recueille le soutien de deux tiers des parlementaires tous partis confondus, du Conseil fédéral, de la Conférence suisse des Directeurs de la santé publique, de l’association Médecins de famille Suisse, de la Fédération suisse des patients ou encore de la Fédération romande des consommateurs. Un tel engouement pour un projet qui peut paraître complexe s’explique pourtant facilement.

Le principe central est simple: chaque patient qui a choisi librement de rejoindre un réseau de soins s’adresse d’abord à son médecin de premier recours, généralement son médecin de famille, en cas de problème de santé. Et il est tout à fait possible de garder son médecin actuel. Ce dernier pilote l’entier de la prise en charge: il coordonne les soins reçus par le patient, l’envoie si nécessaire voir un ou plusieurs spécialistes, qui n’ont pas l’obligation d’appartenir au réseau. D’autres prestataires de soins peuvent être intégrés, comme les pharmaciens, les diététiciens, etc. C’est également le médecin de famille qui vérifie que les médicaments reçus sont adaptés, qu’il n’y a pas d’interaction néfaste entre eux. Finalement, les différents médecins se concertent régulièrement pour améliorer leurs pratiques et les soins apportés aux patients. Bref, cela permet une prise en charge de meilleure qualité, plus sûre et qui améliore l’espérance de vie des malades. Une coordination exemplaire est primordiale pour les personnes souffrant de maladies chroniques ou de maladies multiples. L’exemple du réseau Delta est révélateur lorsqu’on sait que 80% des personnes atteintes du sida à Genève en font partie.

Les réseaux de soins ne sont d’ailleurs pas une nouveauté en Suisse: ils existent depuis plus de vingt ans et réunissent actuellement 1,3 million d’assurés. Ils rassemblent plus de la moitié des médecins de famille en Suisse ainsi que plus de 400 spécialistes. Principalement développés en Suisse alémanique, ces réseaux sont également présents en Romandie; le plus important est le réseau Delta à Genève qui est actif depuis vingt ans et compte actuellement 100 000 assurés. Plus jeune, le Réseau de soins neuchâtelois est né en 2010. De 800 assurés au départ, il en dénombre ­actuellement 6000; un succès fulgurant justifié par la qualité de la prise en charge des patients et des prestations dispensées.

Actuellement, chaque médecin traite directement avec les caisses maladie pour le remboursement de ses prestations. Seul face à l’assureur, il doit lutter contre les contestations et remplir toujours plus de paperasse, limitant son temps et son énergie disponibles pour ses patients. En revanche, au sein d’un réseau, ce même médecin bénéficie de l’appui d’économistes et de juristes compétents: il devient ainsi un interlocuteur dont le poids est bien plus important face aux assurances et peut se consacrer exclusivement à ses patients.

Les réseaux de soins connaissent le succès pour deux raisons principales: d’une part, la coordination induite entre médecins permet d’éviter les examens inutiles et les traitements doublons. D’autre part, il leur est possible d’offrir des prestations non incluses dans la LAMal (programme pour diabétiques par exemple), l’accès aux prestations LAMal étant, lui, en tous les cas, assuré. Nous sommes donc bien loin de l’image de rationnement des soins qu’essaient de nous vendre les opposants au projet! Par exemple, le Réseau de soins neuchâtelois rembourse les cours de gymnastique aux personnes du troisième âge, afin de diminuer les risques de mauvaise chute: ces cours sont bien moins onéreux, pénibles et dangereux qu’une opération de la hanche ou du col du fémur! Cela favorise la prévention plutôt que des soins chers. Les réseaux de soins favorisent donc un changement dans les incitations: le but est de garder en priorité le patient en bonne santé donc de maintenir la meilleure qualité de vie possible. Ils présentent ainsi un autre avantage important: permettre de maîtriser l’explosion des coûts de la santé, qui ont augmenté de 45% depuis 2000 et qui continuent de croître de 1 milliard de francs par année!

En conclusion, les réseaux de soins améliorent la prise en charge médicale en coordonnant les différentes étapes de traitement; et ils permettent de renforcer la sécurité des soins et de lutter contre le gaspillage. Tout cela en laissant à l’assuré une totale liberté de choix quant à sa caisse maladie, son type d’assurance, sa franchise, sa durée de contrat, son réseau, son médecin.

En outre, l’adhésion à un réseau de soins sera encouragée à l’avenir par une quote-part comprise entre 0 et 10% des coûts une fois la franchise dépassée et par une participation plafonnée à 500 francs au lieu de 700 francs comme actuellement. Cela est tout bénéfice pour les patients souffrant en particulier de maladies chroniques telles le diabète. Pour ces raisons, je vous invite à voter oui aux réseaux de soins le 17 juin.

A Genève,

80% des personnes atteintes du sida

font partie

du réseau Delta

Les Opinions publiées par Le Temps sont issues de personnalités qui s’expriment en leur nom propre. Elles ne représentent nullement la position du Temps.