De plus en plus de gens se tournent vers la chirurgie esthétique. Durant la seule année 2011, plus de 14,7 millions de personnes ont subi des opérations pour enlever un excès de graisse, aplatir leur ventre ou «lifter» leur visage et leur corps. Des traitements non invasifs pour éliminer les rides et les poils constituent plus de la moitié des procédures. En fait, plus de 3 millions de personnes se sont fait injecter de la toxine botulinique pour gommer leurs rides.

L’opération invasive – c’est-à-dire chirurgicale – la plus populaire est l’élimination de graisse. Cela reflète la problématique de l’épidémie d’obésité. L’augmentation des seins, la deuxième intervention chirurgicale la plus courante est le plus souvent effectuée en Amérique et au Brésil. Les implants fessiers sont une spécialité brésilienne, tandis que les Asiatiques s’enthousiasment pour des remodelages du nez y compris les Chinois, les Japonais et les Sud-Coréens.

Les Sud-Coréens sont les plus grands hédonistes en matière de chirurgie esthétique. La culture coréenne tient la beauté en haute estime, ce qui cause parfois des cas limites. On estime qu’à Séoul, une femme sur cinq a subi une opération de chirurgie esthétique. La Grèce est deuxième de ce classement, devant l’Italie, le Brésil, la Colombie et les Etats-Unis

En Corée du Sud, l’industrie de la musique populaire (K-pop) et ses idoles, ont été accusées de provoquer un boom des procédures chirurgicales. La perfection de ces groupes de K-pop pousse les jeunes Coréens à aspirer à un nouveau type de beauté. Une pression énorme a notamment été exercée sur les femmes.

Une nouvelle tendance majeure se dessine dans la chirurgie esthétique: le fait de vouloir ressembler à son idole. A 33 ans, un auteur-compositeur californien a voulu ressembler à son idole, Justin Bieber. Cinq ans et 100 000 CHF de dépenses (modification du visage, réduction du menton, chirurgie des paupières, greffes de cheveux et remodelage du nez) ont été nécessaires pour atteindre son but. De même, un couturier philippin de 35 ans a consacré 16 ans et 10 000 CHF à transformer son visage et une partie de son corps en «Superman». La technique a impliqué un remodelage du nez, un blanchiment de la peau, une liposuccion des lèvres, un réalignement de la mâchoire ainsi que des implants pectoraux et abdominaux.

Des femmes copient également leurs idoles. Un «lifting» des bras devient de plus en plus populaire car les femmes envient les bras de Michèle Obama, la Première Dame des États-Unis. La duchesse de Cambridge, Kate Middleton, est l’une des femmes les plus copiées au monde. Son son nez est reproduit des deux côtés de l’Atlantique.

Malheureusement, cette nouvelle tendance exerce une influence négative sur les adolescents. Beaucoup d’entre eux sont si obsédés par une image parfaite de leur corps qu’ils iront jusqu’au bout pour l’acquérir. La chirurgie cosmétique est devenue plus répandue que jamais, et les parents, avec leurs enfants, semblent trouver acceptable de se faire opérer dès le plus jeune âge. Des milliers de filles vont voir des chirurgiens esthétiques pour augmenter la taille de leur poitrine, corriger leur nez, recoller leurs oreilles et éliminer leur pilosité.

Presque toutes les femmes dans les cultures occidentales ou orientales, à certain point de leur vie, ont altéré leur aspect naturel au moyen de maquillage, de manucure ou en se rendant chez le coiffeur. De plus en plus d’hommes teignent leurs cheveux, se maquillent et subissent également des opérations de chirurgie esthétique. Fondamentalement, les gens veulent paraître plus beaux et éventuellement améliorer leur confiance en eux et leur qualité de vie. La chirurgie esthétique peut fournir en permanence cette impression. Nos sociétés sont peut-être allées trop loin et devraient se concentrer davantage sur la beauté intérieure plutôt que l’apparence extérieure.

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