Digitale attitude

Rester poli en parlant aux assistants virtuels, un vrai défi

Les enfants développent un comportement irrespectueux à force de communiquer avec les assistants vocaux qui exécutent leurs moindres caprices

La plus connue est l’enceinte connectée d’Amazon baptisée Echo. Elle exécute des ordres dès que le mot «Alexa» est prononcé. «Alexa, quel temps fait-il?», «Alexa, à quelle heure est mon rendez-vous?» On peut lui demander de faire une recherche sur Internet, jouer un morceau de musique, contrôler le thermostat de sa maison, commander une pizza ou encore appeler un taxi.

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Voici qu’après des années de promesses – et d’échecs considérables – la reconnaissance vocale est devenue assez performante pour être commercialisée à tout va. L’entreprise de recherche Gartner prévoit que d’ici 2020, la plupart des appareils en seront dotés. Mais une conséquence imprévue de ces assistants virtuels est l’influence qu’ils exercent sur les enfants. Immédiatement séduits par cet objet toujours à l’écoute et qui exécute leur moindre volonté, ils le sollicitent sans aucune forme de respect.

Des experts également inquiets

Un père de famille, Hunter Walk de San Francisco, dans un billet de blog qui a fait le tour du Web, décrit l’Echo d’Amazon comme «magique», tout en exprimant des craintes que sa fille soit en train de «devenir une personne peu sympathique». Et il n’est pas seul à s’en inquiéter. Des experts en intelligence artificielle chez Google et IBM craignent que les assistants vocaux créent une génération entière d’individus dénués d’égards envers leur prochain.

Assistants intégrés dans des jouets pour enfants

La situation se révèle encore plus troublante lorsqu’on devine que les assistants virtuels seront rapidement intégrés dans des objets ou jouets destinés aux enfants. Mattel a déjà annoncé le lancement pour cet été d’Aristotle, un haut-parleur intelligent censé «grandir avec son enfant». Il pourra endormir un bébé avec une berceuse ou détecter quand il se réveille. Lorsque l’enfant apprendra à parler, il pourra reconnaître ses mots encore mal prononcés. Et plus tard il jouera avec lui aux devinettes ou lui lira un livre. Il l’aidera à faire ses devoirs et pourra même donner des cours de langues aux préadolescents.

Le message sur la politesse a cependant été entendu. Mattel a annoncé une mise à jour de son logiciel pour l’automne prochain, où un ordre ne sera exécuté qu’après un «s’il vous plaît».

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