La chronique

Retour de Chine

Premier voyage en Chine. En trois semaines à peine, impossible de voir tous les sites historiques, tous les paysages, toutes les cultures. Impossible aussi de cerner vraiment les gens, les enjeux sociétaux ou politiques. Mais possible toutefois de respirer l’ambiance générale et, tout en admirant les vestiges éblouissants d’une civilisation plurimillénaire, de rester pantois devant le développement actuel du pays.

Les Chinois sont joyeux, blagueurs et curieux. Aimables sauf ceux qui sont investis d’un pouvoir et qui l’assument avec un sérieux de bouledogue. L’immense majorité ne parle que sa langue et toute tentative de se faire comprendre s’avère inutile, sauf à faire usage du langage international des signes. En revanche, grâce au mobile dont ils sont majoritairement équipés, ils jonglent avec les dictionnaires et saisissent un idéogramme sur leur écran pour vous faire lire ensuite le mot anglais correspondant. Pour peu que vous soyez engageant, ils en profitent pour vous prendre en selfie avec eux.

La pollution existe sans aucun doute à Pékin (autour de 21 millions d’habitants!) comme dans la plupart des immenses agglomérations émergentes du monde, mais ne représente pas un réel handicap pour y passer quelques jours. Il semble que le gouvernement accorde désormais toute son importance à ce problème lié à l’énorme concentration de population mais aussi à un développement économique extrême. On se rappelle alors ce que fut le ciel de la Ruhr, de l’Angleterre ou du nord de la France au temps des mines de charbon, des hauts-fourneaux et de l’essor industriel. Pourtant, la première loi sur la qualité de l’air ne fut votée qu’en 1959 en Allemagne. Les Chinois, heureusement, réagissent plus vite que nous ne le fîmes. Quant à la propreté des rues et des routes, elle nous rappelle la Suisse d’il y a cinquante ans!

Concernant les infrastructures, tout semble aller à un rythme effréné. Les grandes villes de cet immense pays (9,6 millions de km2, soit 232 fois la Suisse) sont désormais reliées par des TGV. Des gares au look d’aéroport ont surgi un peu partout, rapprochant les régions et permettant accessoirement au tourisme intérieur de considérablement se développer. Les accès routiers récents sont disproportionnés. La Chine voit grand, ce qui ne l’empêche pas de voir beau avec des bas-côtés jardinés au cordeau. Ainsi, les entrées des villes, si souvent désolantes chez nous, sont des allées princières là-bas. A Shanghai, qui se veut l’emblème de la modernité chinoise, un immense quartier de tours futuristes a émergé en 25 ans à peine. La plus récente culmine à 632 mètres d’altitude et, la nuit, c’est une véritable féerie.

L’impression générale est celle d’un pays jeune, qui avance et qui se pose sans doute des questions sans qu’elles soient prétexte à l’inaction. La corruption qui y règne et qui doit être évidemment éradiquée ne semble pas mener à l’immobilisme comme c’est trop souvent le cas en Afrique. Au retour, l’Europe paraît bien vieille et, à l’échelle de ce nouveau monde, la Suisse semble n’être qu’un village! mh.miauton@bluewin.ch