Peter Rothenbühler n’a pas tort: Ueli Maurer devrait nous expliquer sa vision du monde à son retour de Chine, comme l’invite à le faire le journaliste dans sa chronique du Matin Dimanche. En effet, à la NZZ, le président de la Confédération expliquait la semaine dernière à propos de la Chine et de son sommet des nouvelles Routes de la soie qui laisse sceptique l’Union européenne: «A un moment donné, il faut se demander si l’on veut empêcher un développement économique ou si l’on veut y prendre part et exercer une influence. Et je pense qu’il vaut mieux s’impliquer et vouloir changer un projet d’une manière positive.» C’est recevable.

Peter Rothenbühler complète: «Vous utilisez exactement les mêmes mots que ceux qui postulent un rapprochement de la Suisse avec l’Europe. Très intéressant! Avez-vous perdu le nord, fixé par le grand frère de Herrliberg?» Bien vu. Le chroniqueur s’interroge alors sur une UDC qui semble aujourd’hui préférer «une vraie dictature» à «une Europe unie, démocratique et libre». «Pour vous, Bruxelles, c’est la dictature, Pékin le partenaire idéal. […] Ueli réveillez-vous!» conclut-il. Sur la photo de famille de clôture du sommet de Pékin diffusée par le Quotidien du Peuple, Ueli Maurer est tout à droite, loin de Xi Jinping, qui a placé Vladimir Poutine à sa droite.

Dans les médias officiels chinois, l’éloge des Routes de la soie par le président de la Confédération – «une tâche fondamentale et cruciale pour les générations futures […] qui apportera le développement économique et le bien-être pour les gens du monde entier» – a en revanche été largement diffusé. Un précieux blanc-seing pour Pékin de la part d’un pays neutre qui tient un tout autre langage sur le projet européen.

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