En cas de succès devant le peuple, l'initiative visant au retour des notes (et des moyennes) marquerait-elle l'arrêt de la réforme scolaire vaudoise? Réponse: oui! Et ne nous méprenons pas, c'est exactement ce que désire le Parti libéral, appuyé en coulisse par certaines associations et fédérations.

Si, à Neuchâtel, les mêmes oppositions n'ont pas clairement vu le jour, c'est que cette évaluation formative n'a été introduite, prudemment, qu'aux degrés primaires, la réflexion étant aujourd'hui à l'ordre du jour pour la poursuite de la mise en application au secondaire inférieur. Vaud n'a, à l'évidence, pas choisi la voie de la facilité en étendant le système jusqu'en 9e. Et c'est bien là que se trouve l'enjeu.

Pour les libéraux, les premiers degrés primaires, voire le cycle d'orientation, ne sont qu'un simple tour de chauffe et des jeux de cour… d'école. Par contre, venir en 7e-8e-9e et ceci toutes divisions confondues avec une évaluation formative basée sur des objectifs et des critères un peu plus crédibles et exigeants que la simple moyenne arithmétique pondérée au dixième, c'est plus qu'ils n'en peuvent supporter en matière d'avancée pédagogique. Il faut donc afficher haut et fort le véritable enjeu de l'initiative: retour à la case départ avant EVM, sans passer par le start!

Si les intentions politico-démago-populistes des initiants ne méritent que peu de considération et de réflexion, vu le but recherché, le signal d'alarme et de doute que nous transmettent bon nombre de parents (y compris ceux acquis à EVM) doit, par contre, nous inciter à réagir rapidement sur quatre points principaux:

1) En appliquant, à l'échelle cantonale, un système de cotation cohérent, simple et unifié pour les trois périodes informatives et la certification. L'ADESOV (Association de directeurs d'établissements) va, à ma connaissance et incessamment, faire une proposition dans ce sens.

2) En rassurant les parents sur le degré d'exigences de cette nouvelle école, exigences qui restent élevées, voire même plus élevées dans certains secteurs. EVM n'étant actuellement généralisé qu'en 7e année, il est malheureusement impossible de tirer les bilans et autre rapports démontrant le degré d'acquisition au terme de la scolarité obligatoire.

3) En abandonnant, en matière de communication, le discours théorique, le «jargonnage pédagogique» qui, plutôt que d'éclairer, trouble et fâche.

4) En donnant aux enseignants le temps, les moyens et les effectifs pour appliquer les concepts pédagogiques d'EVM. La relation parents-enseignants n'en sera que meilleure.

C'est ce genre d'initiatives et de mesures que nous devons soutenir et «imposer» au département. L'autre combat, suggéré par l'initiative libérale, ne mérite qu'un non ferme et sans équivoque.

Les Opinions publiées par Le Temps sont issues de personnalités qui s’expriment en leur nom propre. Elles ne représentent nullement la position du Temps.