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Céline Amaudruz, députée UDC, n’est, elle pas irritée de voir la retraite pour les femmes passer à 65 ans
© ALESSANDRO DELLA VALLE

Pensions

La retraite à 65 ans pour les femmes: les réseaux frémissent d'irritation

La hausse de l’âge de la retraite est perçue comme une injustice sur les réseaux sociaux. Les milieux féministes brandissent l’absence d’égalité salariale

Les femmes et les enfants d’abord: la coutume chevaleresque reste d’actualité ces jours. A défaut de catastrophe, c’est au passage à la caisse qu’elle s’illustre. Après la hausse vertigineuse des primes maladies pour les jeunes, l’augmentation de l’âge de la retraite de 64 à 65 ans pour les femmes irrite les réseaux sociaux. La décision du Conseil national relance, dans la foulée, le débat sur l’égalité. Système à deux vitesses, dénoncent les uns, conséquence d’une égalité à tout prix, rétorquent les autres. Pour les voix féministes, difficile de se réjouir, quand sur le plan des salaires, de l’accession à des postes à responsabilité ou encore des charges domestiques, les différences de genre restent marquées.

«Voilà. Encore une fois, les femmes passent à la casserole», déplore, sur Facebook, Amanda Gavilanes, secrétaire romande du Groupe pour une suisse sans armée. «Et nous devrions encore dire «merci» aux élu-e-s de se soucier de «l’égalité» en rehaussant l’âge de la retraite à 65 ans? Laissez-moi rire.» Un internaute abonde: «C’est inacceptable et injuste! Egalité du genre maintenant!» L’argument financier concentre inévitablement les critiques. En 2015, à tâche égale, une employée gagnait toujours environ 20% de moins que son collègue masculin. «Le Conseil national soutient l’augmentation de l’âge de la retraite des femmes à 65 ans. Les mêmes sont moins pressés pour l’égalité salariale!» twitte le conseiller national socialiste Mathias Reynard.

«Il va falloir finir le job sur les inégalités restantes», reconnaît un usager de Twitter qui plébiscite cependant le vote des chambres.

Espérance de vie?

La question divise les principales intéressées. «Je suis pour, clame la députée UDC Céline Amaudruz. L’égalité commence par là.» Sur les ondes de la RTS, la vice-présidente du parti socialiste, Géraldine Savary, estime inacceptable de travailler davantage sans consolider l’AVS. Les femmes ayant souvent un 2e pilier plus faible voire inexistant. Au-delà de l’inégalité salariale qui, selon lui, «brouille le débat», l’UDC Manfred Bühler avance un autre argument: l’espérance de vie. Les femmes vivent plus longtemps que les hommes. Donc, elles toucheront plus longtemps l’AVS.

Usure physique

Quid, toutefois, des professions exigeantes physiquement? Comment continuer à exercer son métier de coiffeuse, d’aide-soignante ou encore de conductrice de bus quand, après avoir mené une famille de front, le poids des années se fait trop lourd? «Les femmes arrêtez de faire des enfants, c’est trop d’usure pour notre organisme pour tenir jusqu’à 65 ans», s’indigne une internaute sur Facebook. Un revenu de base universel aurait pu contribuer à valoriser le temps de travail non salarié, passé à élever des enfants par exemple. Les Suisses l’ont refusé en votation populaire.

Dureté du marché professionnel

Reste que l’argent constitue le fond du débat. Faire travailler les femmes un an de plus pour garnir le fonds AVS de 1,2 milliard de francs, est-ce vraiment la seule solution pour sauver les retraites? En réalité, certaines n’auront même pas cette possibilité tant il devient difficile de garder ou de retrouver un emploi après 50 ans. Faire grimper le curseur pour toucher une retraite complète pourrait ainsi être un moyen déguisé de ne pas la verser. «Dès 55 ans, on vous met à la porte, donc durant dix ans les services sociaux (cantonaux) assureront votre survie», ironise un internaute sur Facebook.

Lire aussi: La réforme des rentes penche à droite

Alors que les discussions sur la prévoyance vieillesse sont loin d’être terminées et qu’un référendum semble inévitable, une internaute s’avoue pessimiste: «La retraite à 67 ans avance à pas feutré, dans le sillage du relèvement à 65 ans pour les femmes.»

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