Les «affaires» touchant au 2e pilier défraient régulièrement la chronique. Les millions injectés par la Ville de Lausanne dans sa caisse de retraite ont fondu avec l’effondrement des bourses. Le Valais, qui a entrepris en 2007 l’assainissement de ses deux institutions de retraite cantonales aujourd’hui fusionnées, les a déjà renflouées deux fois avec des fonds publics. Un troisième versement est agendé pour 2012, si le Grand Conseil y consent. Neuchâtel entame la réflexion…

Le rééquilibrage des caisses de retraite publiques coûte cher. Dans une loi votée en décembre dernier, les Chambres fédérales ont certes donné 40 ans aux pouvoirs publics pour faire le ménage, mais les contribuables devront presque inévitablement mettre la main au portefeuille. A juste titre d’ailleurs, même si c’est douloureux, car cantons et communes ont souvent insuffisamment cotisé, quand ils n’ont pas financé de généreux plans de retraite anticipée intégralement par le biais de leurs institutions de 2e pilier. Dans le privé, l’employeur paie pour ce type de mesures, il n’y a pas de raison qu’il en aille autrement dans le public.

Mais les fonctionnaires n’échapperont pas pour autant pas à une hausse des cotisations. Il s’agit d’une question d’équité: très peu de caisses privées sont renflouées par une entreprise «philan­thrope». Les résistances risquent d’être nombreuses, mais les opposants feraient bien de se souvenir que le peuple a refusé, l’an dernier, une baisse des prestations en balayant l’abaissement du taux de conversion, lequel constituait une solution médiane. Peut-être les votants ont-ils signifié ainsi qu’ils préfèrent payer un peu plus pour s’assurer une rente viable.

Il n’y a de toute manière plus de plan B. L’espérance de vie s’allonge et on ne peut plus miser les yeux fermés sur le fameux troisième cotisant qu’étaient les bourses et leurs robustes performances d’antan. Quant à la notion de rendements sans risques, elle s’est évanouie avec les taux zéro.