La France a besoin, sur bien des plans, d’être réformée. Il est logique et normal que son système social sorti de l’après-guerre, populaire parce que protecteur, soit réexaminé à l’aune des défis économiques et démographiques de ce nouveau siècle. Emmanuel Macron a donc raison d’avoir poussé, comme il l’avait promis lors de sa campagne présidentielle de 2017, une réforme du système-labyrinthe de retraite français, truffé de régimes «spéciaux» créateurs d’inégalités peu acceptables pour les travailleurs les moins protégés.

Imposer in fine cette réforme par le recours à l’article 49.3 qui permet l’adoption d’un projet de loi sans vote jette par contre une lumière trouble sur la stratégie du président et sa capacité à «transformer» davantage le pays. Mardi, lors du débat à l’Assemblée nationale à l’issue duquel les deux motions de censure présentées par l’opposition ont été sans surprise rejetées, le sentiment de gâchis était perceptible. En arriver là alors que la majorité macronienne reste solide, et que le vote du projet de loi était de toute façon assuré, n’est pas un bon signe.