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Le conseiller fédéral Alain Berset.
© ALESSANDRO DELLA VALLE

Ma semaine suisse

Réussite exigée pour l’AVS

Jeudi, Alain Berset a présenté sa réforme Prévoyance vieillesse 2020 aux Neuchâtelois

«Horizon pas net, reste à la buvette», disent les pêcheurs granvillais. Qu’importe pour Alain Berset. Le plafond nuageux plutôt bas jeudi soir dans le Val-de-Ruz et l’horizon tout aussi bouché pour sa réforme Prévoyance vieillesse 2020 au Conseil national ne devaient pas l’empêcher de venir présenter son projet aux Neuchâtelois. Avec un certain optimisme. L’horizon, pense-t-il, ne peut que s’éclaircir. Simplement parce que le succès est exigé. «Il n’y a pas de plan B, a-t-il redit. Si le projet n’est pas équilibré et s’il ne garantit pas le maintien du niveau actuel des rentes, le peuple le refusera. Et alors nous n’aurons plus assez de temps pour maintenir la stabilité financière des deux piliers de la prévoyance vieillesse.»

Un nouvel échec de l’actuelle révision, après ceux de 2004 et 2010 et après le refus de la baisse du taux de conversion pour les caisses de retraite, ne serait pas seulement funeste pour les entreprises, les cotisants et futurs retraités. Il plongerait aussi les caisses de l’Etat et des cantons dans une situation d’endettement très difficile. Le seul déficit de l’AVS dépasserait en effet les 8 milliards de francs en 2030.

Or, selon une étude parue dans La Vie économique, du seul fait du vieillissement croissant de la population, les finances publiques seront déjà mises sous pression. La quote-part de l’Etat dans le PIB devrait passer de 32% aujourd’hui à 36% en 2045. En cause, le poids des assurances sociales (AVS et AI), l’explosion des coûts de la santé et des soins de longue durée. «Il faudra augmenter les impôts ou les cotisations aux assurances sociales ou faire des économies», affirment les auteurs de l’étude. Faute de quoi la dette publique passera de 35% du PIB en 2013 à 59% en 2045. Plus d’un tiers des charges nouvelles de la Confédération résulteront de l’augmentation des dépenses dans le domaine de l’AVS et de l’AI.

D’où l’importance, pour les générations futures appelées à supporter l’assainissement financier, de la réussite de la réforme simultanée de l’AVS et des caisses de pension. L’augmentation de la TVA de 1%, selon la décision du Conseil des Etats, mais aussi le relèvement de l’âge de la retraite des femmes pourraient en effet freiner la progression de la charge de la caisse fédérale. Mais cela ne dispensera pas le gouvernement de relancer une nouvelle réforme de l’AVS vers 2030.
Si elle parvient à réaliser la réforme des assurances sociales, la Confédération sera donc dans une situation plus favorable que les cantons et les communes. Ceux-ci doivent en effet assumer l’essentiel du poids du secteur de la santé et des soins de longue durée, notamment en EMS. Or, dans les 30 prochaines années le nombre de personnes de plus de 80 ans doublera, passant de 5 à 10% de la population. Les collectivités cantonales et locales sont donc sommées d’anticiper dès aujourd’hui les conséquences du vieillissement démographique. Celles-ci pourraient d’ailleurs se conjuguer avec une baisse des rentrées fiscales due à la réforme de l’imposition des entreprises.

Fiscalité, économies ou prévoyance vieillesse, la question posée au nouveau Conseil national reste toujours la même: trouver un équilibre entre la réalité financière et ce que le peuple est prêt à accepter. Selon un sondage de l’Université de Zurich, réalisé l’an dernier, deux tiers des 1800 personnes interrogées estiment inacceptable une diminution des prestations de l’AVS et jugent que porter la retraite à 67 ans vouerait toute réforme à l’échec.

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