Charivari

Le rêve? Des villes sans 4x4!

OPINION. Notre chroniqueuse roule à vélo et n’en peut plus des véhicules XXL qui polluent et prennent tout l’espace sur la chaussée. A quand leur suppression en ville?

Lors du récent réveillon, j’ai fait ce rêve. Et si, en 2019, les villes suisses interdisaient les 4x4 et autres SUV «hénaurmes» dans leurs murs? Et si, soutenues par les cantons et la Confédération, car la circulation dépend de ces pouvoirs, les municipalités les plus courageuses disaient stop à ces chars d’assaut qui ne sont clairement pas dimensionnés pour leurs chaussées? D’ailleurs, petite question subsidiaire: comment des citadins peuvent-ils encore acheter de tels tanks, hyper-pollueurs, alors que la planète se meurt?

Je ne pose pas la question aux montagnards, qui doivent rouler dans des conditions bien plus sportives. Et je ne pose pas non plus la question aux constructeurs, car, comme le profit est leur seul moteur, du moment qu’il y a des clients, l’offre suit logiquement son cours. D’autant que les «amendes», sorte de taxe pollution, sont ridiculement peu élevées, comme le rappelait un sujet du 19h30 de la RTS, mercredi dernier. Papier télé qui nous apprenait par ailleurs que 49% des véhicules vendus en Suisse en 2018 étaient des 4x4. Pratiquement la moitié. Ça fait mal à la planète, non?

Les choses changent

J’avais donc ce rêve, au milieu des bulles de champagne et des déhanchés secoués, de voir nos villes – allez, Genève pour commencer! – débarrassées de ces affreux panzers arrogants et pollueurs. Et puis, j’ai fait comme de nombreuses personnes de ma génération: j’ai rangé mon rêve dans un carton. Et j’ai continué à rouler bravement à vélo au milieu de ces dangers publics qui, techniquement, vu leur gabarit, ont du mal à calculer les cyclistes et les piétons.

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Mais les choses changent. La nouvelle génération descend dans la rue pour le climat et, de la même manière que les compagnies d’aviation low cost sont montrées du doigt – à Carouge, près de Genève, les élus verts refusent de prendre l’avion pour aller à Lisbonne en avril avec leurs collègues du conseil municipal – il est temps de relancer le débat sur le bien-fondé des grosses cylindrées en ville. Ces véhicules sont des aberrations en termes de volume et d’émissions toxiques, tout le monde en convient. Sans compter la place dingue que prennent ces monstres dans les parkings. Un autre sujet de la RTS parlait même récemment de la revendication d’une association de redimensionner la chaussée pour intégrer ces nouveaux géants:

La seule arrogance de leur propriétaire doit-elle justifier le maintien de ces véhicules XXL en ville? Je ne le pense pas. D’ailleurs, tout bien considéré, mon rêve n’était pas un rêve, c’est une revendication logique et légitime.


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