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Défilé Louis Vuitton printemps-été 2017.
© DR

Rhabillé(e) pour l’été (4/7)

Revoici la chemise à manches courtes, comme Delon dans les années 60

Chaque jeudi de l’été, notre chroniqueuse revisite les heurs et malheurs de la mode de saison

A chaque discipline ses grandes questions. Allez demander à un groupe de philosophes si Dieu existe ou à des sociologues s’il faut interdire le voile à l’école. Bonne chance: à vous les argumentaires irréconciliables et les postures idéologiques. En matière de mode, rien de plus clivant que la chemise à manches courtes.

Chaque été, la «chemisette» pour homme réapparaît à la faveur des barbecues, des pique-niques en montagne et des bureaux mal climatisés. Confortable, fraîche, sobre, elle présente toutes les qualités du vêtement passe-partout et fonctionnel. Hérésie, crie la fashion planète! Trop informelle pour être élégante, trop collet monté pour être cool, cet objet vestimentaire non identifié a longtemps été blacklisté par les hommes de goût, qui la laissaient volontiers aux geeks de la NASA et autres fonctionnaires suisses alémaniques. Plus pour longtemps.

Du galon sur les podiums

Retour de la désuétude oblige, voici plusieurs saisons que la chemise à manches courtes reprend du galon sur les podiums. Monogrammée et en satin chez Louis Vuitton, stricto-fascisante chez Fendi, à imprimé hawaiien chez Gucci ou unie en coton chez A.P.C., l’ex-paria du style est partout. Même l’acteur Ryan Gosling, sex-symbol hollywoodien, s’y est mis.

Pour éviter la faute de goût, les magazines branchés comme GQ et Esquire ont édicté les règles à ne surtout pas violer: pas de popeline blanche, pas avec une cravate, pas trop large mais pas trop serrée non plus, jamais plus de deux boutons détachés, jamais plus de deux roulements de manches, etc. Et certains magazines français comme L’Obs de nous ressortir des images du jeune Alain Delon, icône mode des années 1960, affublé d’une chemisette à motif afro. Vous avez dit ringard?


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