Est-ce que Thonon, Annecy, Evian ou Aoste manquent aux Genevois, aux Vaudois ou aux Valaisans? Ici, Belfort nous manque. On aurait pu écrire Berlin, Granville ou Condé-sur-Iton. Mais c’est Belfort. Parce qu’il suffit de gravir le haut du village pour apercevoir, comme un appel perçant la nuit, le halo lumineux de la ville. Si proche et pourtant inaccessible un mois encore.

Belfort et le Lion de Bartholdi, la porte de Brisach, la vieille ville de grès rose au pied de la citadelle, les ruelles d’antiquaires, le théâtre du Granit, la place Corbis et Le Central où les Belfortains aiment à se retrouver à toute heure pour tailler le bout de gras entre la gare et l’Hôtel de Ville. Belfort et son ciné du dimanche matin, sa brocante des premiers dimanches du mois. On s’y rend juste pour acheter Le Monde ou Libé et prendre un petit noir ou un verre de gewurz sur la place d’Armes. Pour son atmosphère de sous-préfecture, la Mercerie de la Vieille Ville, le marché. Ou encore pour le souvenir des odeurs de ce qui fut l’Epicerie coloniale Perello.