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ann Kato

Révolution dans l’éducation

Notre chroniqueuse, professeure honoraire de l’Université de Genève, se penche sur l’accès à une éducation supérieure pour tout le monde. Il est bientôt possible, grâce à l’enseignement à distance. La seule exigence est d’avoir un ordinateur et une connexion à Internet

Pourquoi n’est-il pas possible à tous d’accéder à une éducation supérieure? Dans notre monde de haute technologie et d’Internet, il ne devrait y avoir aucune limite d’accès pour un apprentissage avancé. Peu importe que l’on soit pauvre, que l’on vive dans un pays en développement ou que l’on soit un homme ou une femme: l’éducation ne devrait pas connaître de limite. C’est exactement la conclusion des fondateurs de deux start-up en Californie, tous deux anciens de l’Université Stanford. En un an seulement, ils ont changé la perspective de l’enseignement supérieur à l’échelle mondiale. La seule exigence à l’heure actuelle est d’avoir un ordinateur et une connexion à Internet!

Les deux start-up, Udacity et Coursera, ont été la création de trois professeurs à l’Université Stanford. Sebastian Thrun, professeur d’informatique, a lancé Udacity en levant 15 millions de francs en janvier 2012. Cette initiative a été suivie par la création de Coursera en avril par Andrew Ng et Daphne Koller, également professeurs de Stanford, qui ont soulevé 16 millions de francs en capital-risque. L’EPFL et l’Université de Genève ont rejoint le programme Coursera avec 67 autres partenaires du monde entier. Harvard et MIT ont lancé edX, un autre programme à but non lucratif offrant des cours provenant d’universités de haut niveau. D’autres programmes commencent au Royaume-Uni.

En quoi ces nouveaux programmes se différencient-ils de ceux déjà proposés par l’enseignement classique en ligne depuis plusieurs années déjà? Ils fournissent des «cours de masse en ligne et gratuit», ou MOOCs, qui impliquent des cours interactifs tels que des tests automatisés, des quiz et même des jeux. Les élèves peuvent apprendre à leur propre rythme, arrêter leur cours sur leur ordinateur quand ils ne comprennent pas, et puis reprendre ensuite ces mêmes modules spécifiques. Une telle option n’est pas possible dans une salle de classe avec un professeur réel. Les MOOCs sont de courtes vidéos qui sont suivies par des étudiants du monde entier; ils peuvent interagir les uns avec les autres, poser des questions et recevoir des réponses en très peu de temps par rapport à un enseignant. Actuellement, 2,4 millions d’étudiants sont inscrits dans ces programmes en cinq langues. Ils ont des échéances et des examens; à la fin, ils reçoivent un certificat qui, dans certains cas, pourrait être accepté comme un crédit dans une université souhaitée. Les entreprises sont à la recherche de nouveaux candidats qui ont suivi ces cours et des personnes au chômage ont trouvé un emploi après les avoir suivis.

Au récent World Economic Forum à Davos en janvier, une session entière a été consacrée à l’enseignement à distance (http://www.pinchukfund.org). Ils ont invité une fille de 11 ans originaire de Lahore, au Pakistan, qui avait suivi un cours sur l’intelligence artificielle ainsi qu’un cours de physique de l’Université Stanford. Elle avait trouvé les cours sur Internet et avait décidé de les suivre. Elle a dit que certaines parties étaient assez difficiles, mais elle a pu réussir l’examen. Grâce à ces cours, elle a créé un nouveau groupe d’amis à l’étranger.

Il s’agit d’une avancée remarquable dans l’enseignement supérieur qui est devenu si coûteux pour les étudiants et les gouvernements. Dans les meilleures universités aux Etats-Unis, il en coûte plus de 50 000 francs pour une année d’études. Les universités privées en Inde, par exemple, exigent les mêmes frais pour les études de médecine. Il est très largement admis qu’il est impossible de maintenir les coûts actuels croissants de l’enseignement supérieur.

Il sera bientôt possible pour quiconque d’avoir une éducation de première classe, enseigné par les meilleurs professeurs du monde. Le monde va changer le jour où l’éducation sera disponible pour les personnes handicapées, les femmes au foyer et les personnes dans les pays pauvres – où souvent la vie des filles est menacée en allant simplement à l’école! L’enseignement à distance, en ligne, pourrait en effet révolutionner l’éducation. Il a été prédit que, dans cinquante ans, il restera seulement dix universités dans le monde.

Prof. Ann Kato, professeure honoraire du Département des neurosciences fondamentales, Faculté de médecine de l’Université de Genève.

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