Editorial

Les riches, boucs émissaires du populisme

Le nombre de milliardaires dans le monde est en hausse. Les 500 plus riches ont augmenté leurs actifs de 237 milliards de dollars en 2016 et s’asseyent désormais sur une fortune de 4400 milliards

Les hommes et les femmes les plus riches du monde ont rajouté 237 milliards de dollars à leurs actifs en 2016, selon l’indice des 500 plus grandes fortunes mondiales, un classement annuel de l’agence d’informations financières Bloomberg, publié mardi soir. Ensemble, ces 500 milliardaires pèsent 4400 milliards. Ces nouveaux chiffres ne manqueront pas d’apporter de l’eau au moulin des populistes.

Aux Etats-Unis où Donald Trump est sorti vainqueur surprise aux présidentielles de novembre dernier et en Europe où les formations populistes ont le vent en poupe, les riches sont devenus des boucs émissaires tout désignés pour expliquer les inégalités. Des deux côtés de l’Atlantique, les ouvriers d’usines, les artisans, les commerçants, les paysans ou encore les chômeurs ont été amenés par des politiciens arrivistes à croire qu’ils étaient les perdants d’une mondialisation qui ne favoriserait que les riches.

Lire aussi: Donald Trump a fait gagner 11,8 milliards à Warren Buffett 

La poule aux œufs d’or

Et pourtant. Ce serait faire fausse route que de vouloir réduire les inégalités en spoliant les grandes fortunes. Il appartient aux Etats de mettre en place un système de redistribution des richesses par une fiscalité juste et équitable, sans tuer la poule aux œufs d’or. C’est aussi aux Etats de mettre fin aux pratiques fiscales frauduleuses ou encore d’éliminer les paradis fiscaux qui permettent aux individus et aux entreprises d’échapper au fisc. Aux Etats-Unis et en Europe, de nombreux milliardaires aux Etats-Unis demandent eux-mêmes de payer davantage d’impôts. Ironie de l’histoire, le président élu promet lui de diminuer la taxation des entreprises et des ménages. Lors de sa campagne électorale, il s’était même vanté de ne pas payer d’impôts.

Esprit d’ouverture

Vouloir freiner le train de la mondialisation, génératrice de richesses, par un retour du protectionnisme comme le préconisent Donald Trump, Marine Le Pen et autres dirigeants politiques populistes est un non-sens total. Il faudrait plutôt que tout le monde y prenne place et profite de la libre circulation des marchandises, des services, des capitaux, des personnes et des idées.

Depuis plusieurs siècles, cet esprit d’ouverture a permis l’éclosion de centaines de milliardaires et des millions de millionnaires aux Etats-Unis et en Europe. Depuis vingt ans, la Chine, l’Inde, le Nigeria, le Brésil et le Mexique, après avoir mis le pied à l’étrier de l’industrialisation, produisent aussi leurs propres millionnaires et milliardaires.

Prenons le cas de l’Inde. Le pays a pris le train de la mondialisation à partir de 1991. Depuis, son revenu par habitant est passé de 350 dollars à 1600 dollars l’an dernier. Le nombre de milliardaires est passé de 59 en 2012 à 127 en juillet 2016. N’est-ce pas une bonne nouvelle?

Publicité