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Maïtena Biraben.
© KENZO TRIBOUILLARD

Du bout du lac

Rien ne va +

Maïtena Biraben quitte le «Grand Journal», dans la foulée des autres figures du «clair». En choisissant de réinventer la marque Canal +, Vincent Bolloré fait un pari risqué

Maïtena Biraben est basque d’origine, française de naissance et suisse par la main gauche. Mais elle fête chaque année l’Escalade en famille et «casse la marmite avec les enfants», confiait-elle récemment au Temps. Cette allégeance à la Mère Royaume fait d’elle une Genevoise pur chocolat, personne n’osera le contester. Voilà donc l’auteur de cette chronique provinciale opportunément autorisé à empoigner l’actualité tragique de la future-ex-tête de gondole de Canal +.

Maïtena Biraben claque donc la porte du Grand Journal. Et la fin de la parenthèse Maïtena (enchantée pour ses admirateurs, un peu moins sur les radars médiamétriques) renforce un sentiment de moins en moins diffus: rien ne va plus à Canal + depuis la reprise en mains de la chaîne par l’homme du redressement, Vincent Bolloré.

Septième fortune de France, Vincent Bolloré n’a pas de leçon à recevoir en matière de modèle d’affaires, paraît-il. Sa stratégie pour Canal + est limpide: certes, les programmes en clair ont fait la renommée de la chaîne, mais les abonnés payant pour le meilleur, le meilleur doit être crypté. Vincent Bolloré étant un homme d’action, cette stratégie n’est pas restée longtemps dans les tiroirs: menaces et réductions de voilure pour le Grand Journal, le Supplément, Groland et les Guignols (déjà cryptés), place au sport, aux séries et au cinéma pour le seul plaisir tarifé des abonnés.

Problème: avec les départs successifs de Maïtena Biraben et de toutes les grandes figures du clair (y compris Ali Baddou si l’on en croit les derniers bruissements du PAF), c’est la marque Canal + qui périclite. Or Vincent Bolloré devrait le savoir mieux que personne: le 21e siècle entrepreneurial ne jure plus que par les marques. Ce qui est vrai pour Nike, Coca-Cola ou Le Temps (pour ne parler que des géants) l’est forcément aussi pour Canal +: sans marque, point de salut.

Impertinence, fraîcheur, glamour et audace: servies en clair depuis plus de trente ans, ces valeurs ont fait la marque Canal +. Au moins autant que le sport, le cinéma ou le porno cryptés. Mieux: du Festival de Cannes au Canal Football Club, en passant par le Journal du Hard, la marque Canal + a su déringardiser le sport, sublimer le cinéma, anoblir le porno.

Le patron a choisi de faire sans. Sans tous les marqueurs de la marque. En espérant que les abonnés sauront toujours à quoi ils s’abonnent. Le pari est risqué. Mais Vincent Bolloré n’a pas de leçon à recevoir en matière de modèle d’affaires, paraît-il.

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