L’accord n’a même pas tenu une semaine, aux yeux des investisseurs en tout cas. Accouché dans la douleur au petit matin jeudi dernier, le dispositif européen devait permettre à la Grèce de surmonter, à terme, son endettement abyssal. Rien n’est plus sûr.

Car l’annonce surprise par Georges Papandréou de la tenue d’un référendum sur cet accord jette le doute sur la capacité du Premier ministre grec de tenir ses engagements. Le problème ne vient pas de la consultation du peuple, même si le vote est loin d’être gagné, mais dans ce nouvel épisode imprévu dans une crise qui dure depuis plus de dix-huit mois. Une nouvelle fois, et probablement plus que jamais, l’agenda semble échapper à tout contrôle. Il ne s’agit plus simplement de la lenteur structurelle des décisions politiques. L’impréparation de l’annonce fait redouter un défaut désordonné de la Grèce, qui pourrait se propager à l’ensemble de la zone euro, et contaminer le reste de la planète. Une sorte de Lehman Brothers à l’échelle d’un Etat. Le chaos.

La folle crise de la dette européenne, partie d’un pays qui ne pèse pourtant que 2% de son produit intérieur brut, va bouleverser l’agenda du G20, qui se tient dès jeudi à Cannes. Ce mercredi, la France et l’Allemagne vont tenter de remettre de l’ordre, et éviter d’arriver la tête basse devant les Américains, les Chinois et les Brésiliens qui avaient exigé une solution avant de se retrouver sur La Croisette.

Cette réunion pourrait être une chance. Cependant, le climat au G20 a changé depuis sa première réunion à Washington fin 2008. Finie la coordination concrétisée au sommet suivant début 2009 à Londres, où la mobilisation générale promettait de lutter contre la récession et de sauver l’emploi. Le chômage reste élevé dans les pays développés, et une nouvelle vague de licenciements se profile, avertissait lundi le Bureau international du travail. La guerre des monnaies est devenue une réalité, la Suisse et le Japon en savent quelque chose. La colère des indignés révèle cette montée du chacun pour soi.

Tout le travail est donc à recommencer. Au G20 aussi, le risque de chaos a grandi.