Les villes jouent un rôle clé en Suisse. Leur histoire mais aussi leur développement racontent parfaitement le pays. Notre série «Le Duel des villes» illustre cette évolution, leurs succès, mais aussi leurs échecs. Les rivalités sont aussi bien réelles. Parfois clochemerlesques, mais aussi plus profondes et révélatrices de frustrations, comme lors de la fermeture d’hôpitaux ou de lieux de formation. Cette confrontation s’explique par le passé et elle nourrit aussi l’avenir: sur le plan économique, politique, culturel, sportif ou humoristique. Ces rivalités font l’âme et l’identité des villes et villages suisses. Il faut donc les cultiver, tout en dépassant des jalousies qui seraient paralysantes. Cette concurrence est également salvatrice en matière d’innovation et de créativité.

Aujourd’hui, nombre de villes sont en pleine expansion. C’est par exemple le cas de Lausanne. Elle a inauguré ce week-end l’écoquartier des Plaines-du-Loup, qui accueillera à terme 8000 personnes. Davantage que Porrentruy et ses 6400 habitants. Un tel développement nécessite de nombreux aménagements: de nouvelles écoles, des commerces, des transports publics. Il pose aussi des questions fondamentales en termes de mixité sociale et de constructions écologiques. Lausanne s’interroge, mais aussi Genève, Bâle ou Lugano.

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Les villes face à la crise énergétique

Malgré leurs différences, toutes ces villes sont confrontées à des problématiques similaires: la généralisation du 30 km/h, la prise en charge des sans-abri ou la scolarisation des jeunes Ukrainiens. Trop souvent, elles donnent l’impression de gérer ces difficultés sans regarder ce que le voisin fait, sans profiter de son expérience. Pourtant les citoyens, eux, bougent sans cesse. La mobilité est forte entre les lieux de résidence, de travail ou de loisirs.

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Une collaboration accrue entre les villes – au niveau régional et national – renforcerait leur poids. Certes, l’Union des villes suisses a pris un certain essor ces dernières années, mais elle demeure un acteur secondaire de la vie politique suisse. Le paradoxe est déconcertant: le poids économique et social des villes grandit, alors que leur poids politique ne bouge pas.

Cette faiblesse, la crise du covid l’a parfaitement illustrée: les villes étaient en première ligne pour la mise en place des mesures décidées par la Confédération et les cantons; elles n’étaient pas pour autant consultées ni informées préalablement.

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Pour la crise énergétique qui s’annonce, elles pourraient se retrouver à nouveau au pied du mur et se voir imposer des restrictions. A elles d’anticiper avec des solutions progressistes et de s’unir davantage.

C’est le moment de trouver un nouvel équilibre pour que le niveau communal ne soit pas systématiquement relégué en queue de comète.