Un gestionnaire de fortune attitré est généralement réservé à des individus aisés pour gérer leur patrimoine. Mais grâce à des logiciels dotés d’intelligence artificielle, quelques banques commencent à proposer des conseils financiers robotisés, accessibles à tous.

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Ces chatbots (logiciels conversationnels) peuvent suggérer des investissements en prenant en compte toute une série de facteurs: quel est le degré d’aversion au risque de la personne, la rentabilité visée, les sommes nécessaires à sa vie quotidienne? Ou répondre à des questions comme: quel est le solde d’un compte, comment demander un emprunt ou annuler une carte de crédit suite à une déclaration de vol ou de perte?

UBS et Bank of America s’y mettent

Parmi les grandes banques, UBS annonce pour 2017 le lancement en Angleterre de UBS SmartWealth, un «robo-advisor» qui fournira des conseils financiers et suggérera des placements en fonction des objectifs du client, ses moyens et son attitude face au risque. Bank of America, de son côté, vient d’annoncer le lancement pour l’année prochaine d’un chatbot nommé «Erica» qui aidera ses clients à optimiser leurs avoirs. Avec elle, la banque «espère élargir à un plus grand nombre certains avantages habituellement réservés aux clients de haut niveau», dit Michelle Moore, responsable du Digital Banking.

Prudence, dit Forrester Research

Mais alors que les banques dotées de budgets importants dans l’innovation investissent dans l’intelligence artificielle, Forrester Research appelle à la prudence. Dans un rapport publié le 31 août dernier «Bots Aren’t Ready To Be Bankers» Peter Wannemacher, analyste chez Forrester, rend attentif au fait que les robots conversationnels ne comprennent pas toujours la question posée et peuvent répondre de manière décevante ou erronée: «Si une commande placée par un chatbot dans un fast-food n’est pas correcte, l’erreur ne sera pas ruineuse. Mais s’il se trompe en donnant un ordre de transfert, les conséquences seront bien plus graves.»

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Selon Jake Tyler, CEO de Finn IA, une société qui développe des logiciels conversationnels pour les banques, ce n’est qu’une question de mois et non d’années – comme l’affirme Forrester – pour que les performances des chatbots soient au point. Ne ratez pas le train.

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