En pleine célébration du 70e anniversaire des relations Suisse-Chine, on n’est pas loin de la crise diplomatique. L’ambassadeur de Chine à Berne, Geng Wenbing, a en effet demandé le 28 mars des excuses publiques et immédiates de la part de Roger Köppel, rédacteur en chef de la Weltwoche et parlementaire fédéral. L’ambassadeur accuse l’idéologue de l’UDC de «blasphème» et d’«humiliation» envers le peuple chinois. Loin de s’exécuter, Köppel ajoute l’injure à l’insulte en récidivant. Ce serait comique si cela ne menaçait pas de dégénérer. Or en ce moment, les nerfs sont à cran.

De quoi parle-t-on? Le 26 mars, la Weltwoche accroche à sa une un article consacré au «virus chinois». En page, le texte est illustré par une caricature qui assimile le drapeau de la République populaire au coronavirus. Geng Wenbing appelle Roger Köppel pour protester solennellement, demande l’arrêt de la vente de l’hebdomadaire, le retrait de l’article en ligne et des excuses dans le prochain numéro, explique l’ambassade sur son site internet.

Une chronique de l'ambassadeur

Les deux hommes se connaissent bien, Köppel ayant déroulé un tapis rouge dans ses colonnes pour le diplomate en quête d’écriture. Durant près d’une année, Geng a gratifié les lecteurs de la Weltwoche d’une chronique dévolue aux prouesses du Parti communiste depuis 70 ans. Avec un soutien sans faille du rédacteur en chef qui cautionnait les attaques du diplomate contre cette presse suisse aveugle sur les mérites du pouvoir chinois.

On était donc curieux de découvrir l’édition du 2 avril de l’hebdomadaire pour voir quelle forme prendraient ces excuses. Il n’y en a aucune. Au contraire: un article signé Herodot renchérit sur le «virus chinois». On applaudirait volontiers cette soudaine audace si ledit article n’était pas d’une bêtise abyssale et s’il ne flirtait pas avec le racisme. Au fait, qu’en pensent les Blocher (et leurs employés en Chine)?


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