A peine annoncée la nouvelle que Roman Polanski était désigné comme président de la 42e cérémonie des César – ce sera le 24 février à la salle Pleyel – et hop: les réseaux sociaux se sont mis en branle pour appeler au boycott. Sur une mélodie que synthétise parfaitement le tweet de Belinda Georges: «C’est le moment de boycotter les César. Ce Président de Cérémonie a été reconnu coupable de viol sur mineure et n’a jamais purgé sa peine»:

Sous l’étendard du hashtag #BoycottCésar, la guerre est alors lancée, comme en témoigne Princesse Prose, qui se donne comme «#Bisexuelle politique. Traîtresse à la cause hétérosexiste depuis 2009. Résolument indécise et clairement confuse.» et qui, parfois, écrit ceci:

Les mèmes n’ont d’ailleurs pas tardé à fleurir, à l’image de celui de The Minister: «Dans la catégorie Meilleur Acteur d’affaires classées sans suite: Morandini! *liesse, flashs, selfies»

Sur le site de Elle, on fait écho: «C’est une annonce qui a choqué beaucoup de cinéphiles ce matin: Roman Polanski présidera la 42ème cérémonie des César qui aura lieu le 24 février prochain à Paris.» Et le magazine de rappeler qu’en 1977, Roman Polanski «avait été accusé d’avoir eu une relation sexuelle illégale avec une mineure, l’actrice Samantha Geimer qui avait treize ans au moment des faits. Le réalisateur reconnaît alors des «rapports sexuels illégaux" mais profite d’une libération sous caution pour fuir les États-Unis après quarante-deux jours passés en prison. Ainsi, jusqu’en 2005, Roman Polanski ne sera pas inquiété et continuera de voyager, de réaliser des films et d’être récompensé. En septembre 2009, il est arrêté en Suisse et en novembre, il est libéré, mais assigné à résidence avec port d’un bracelet électronique. Aujourd’hui, Roman Polanski n’a le droit de se déplacer qu’en France, en Suisse et en Pologne, trois pays refusant de l’extrader vers les Etats-Unis où la justice américaine l’attend.»

Appel au boycott

Au Huffington Post, on n’est pas vraiment surpris: «Il fallait s’y attendre. En choisissant Roman Polanski pour président de sa cérémonie 2017, l’Académie des César était sans doute consciente des critiques que tout un chacun pourrait partager. Depuis l’annonce de sa nomination mercredi 18 janvier en fin de matinée, les critiques fusent et les internautes commencent à diffuser un appel au boycott sous le hashtag #BoycottCésar. Comme son nom l’indique, ce mot-clé invite à ne pas se rendre ou à ne pas regarder la 42e cérémonie des César qui se déroulera le 24 février prochain Salle Pleyel. Il rappelle l’opération "Boycott the Oscars" de 2016 suite à la polémique sur le manque de diversité dans la grande messe du cinéma américain.»

Pendant ce temps-là, la pression augmente, comme en témoigne ce tweet d’Alice Coffin qui apostrophe la ministre de la culture française, Audrey Azoulay et surtout la ministre des droits des femmes, Laurence Rossignol:

A l’heure où nous rédigeons, ni la ministre de la Culture ni celle des Droits des femmes n’ont trouvé une minute et 140 signes pour répondre.

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