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Dans le film d’Emily Atef, le personnage de Romy Schneider est interprété par Marie Bäumer, troublante de ressemblance.
© Rohfilm Factory/Prokino /Peter Hartwig

Revue de presse

Romy Schneider, la légende revit au cinéma, dans la polémique

La fille de la superstar du septième art français est fâchée. Le biopic sur sa mère la montre, selon elle, sous un jour dégradant. En Suisse romande dès le 20 juin, «Trois jours à Quiberon» risque de diviser

La fille de l’actrice Romy Schneider, Sarah Biasini, s’est déclarée auprès de l’Agence France-Presse «scandalisée» par un film consacré à sa mère, Trois jours à Quiberon, en salles en Suisse romande le 20 juin, qui selon elle contient «de multiples insinuations et sous-entendus totalement mensongers»: «J’ai été très choquée, dit-elle, surtout parce que je pense que les gens qui vont aller voir ce film ne verront pas un film sur ma mère. Ils ne verront pas un film sur Romy Schneider. C’est totalement faux.»

Trois jours à Quiberon, film en noir et blanc en compétition au dernier Festival de Berlin et déjà sorti en avril en Allemagne, raconte un épisode qui s’est déroulé à la fin de la vie de Romy Schneider: une interview accordée en 1981 par l’actrice à un journaliste du magazine allemand Stern, accompagné d’un photographe, alors qu’elle était en cure dans le Morbihan. Cette fiction inspirée de faits réels dépeint une actrice malheureuse et excessive, à un moment difficile de sa vie, alors qu’elle vient de se séparer de son mari, Daniel Biasini, père de sa fille.

Lire aussi: Le bilan de la dernière Berlinale (27.02.2018)

Le pitch, plus précisément? C’est Presse-Océan, à Nantes où le film était projeté en avant-première ce mardi, qui le donne. «En 1981, Romy Schneider est […] tiraillée entre sa célébrité, son mal de vivre et ses souffrances quand elle accepte, à la demande d’un ami photographe, Robert Lebeck, d’accorder une interview à Stern. Trois jours qui […] donnent à voir une femme qui traverse une crise existentielle, prise entre ses démons intérieurs et son envie de vivre. Pour faire revivre cet instant suspendu, la réalisatrice […] a confié le premier rôle à Marie Bäumer.» Une actrice «plus vraie que nature» dans son interprétation, dit Le Télégramme de Morlaix.

L’actrice des Sissi et des Choses de la vie, décédée en 1982, y est aussi montrée comme souffrant d’une dépendance aux médicaments et à l’alcool, dont elle essaie de se défaire lors de ce séjour en Bretagne, vision que Sarah Biasini conteste: «Elle allait tous les ans à Quiberon, mais pour faire une thalassothérapie, pour perdre des kilos superflus, comme beaucoup d’actrices. C’était une habitude. C’était juste une thalasso, ce n’était pas un centre de désintoxication», soutient-elle. Elle se dit dès lors «scandalisée» d’avoir vu dans le film de la Franco-Iranienne Emily Atef «des références à l’alcool constantes, dès la première scène».

Et d’ajouter: «Si vous reprenez tous les réalisateurs ou tous les acteurs avec qui elle a travaillé, personne n’a jamais dit qu’elle avait un problème avec la boisson, dit-elle. C’est complètement mal intentionné. On veut la dégrader», estime sa fille, née en 1977 et elle-même actrice. «Je réclame surtout que des gens arrêtent de se faire de l’argent en colportant des mensonges.» En guise de réponse indirecte, dans le dossier de presse, la réalisatrice indique notamment avoir «gardé certains passages de l’interview» donnée à Stern, mais en avoir «aussi écrit d’autres»: «J’avais besoin de cette liberté-là par rapport aux événements réels pour atteindre la vérité du personnage.»

Authentique et sans filtre

Dans Ouest-France, Emily Atef s’en explique assez clairement. Son film «est né de l’idée d’un producteur français, Denis Poncet, aujourd’hui décédé et ami de l’actrice Marie Baümer, qui vit en France depuis onze ans et qui ressemble beaucoup à Romy Schneider. Elle a toujours refusé en Allemagne d’interpréter Romy Schneider, c’était un poids pour elle. Elle a dit oui en France si c’était un zoom sur la fin de la vie de l’actrice. Denis Poncet a trouvé ces photos prises par Robert Lebeck, à Quiberon, en 1981 […]. J’ai regardé les photos, elles m’ont attirée. Ce n’est pas la star que j’ai vue, mais une femme d’une quarantaine d’années, authentique, sans filtre, une femme qui veut vivre par tous les moyens. On la voit rire, réfléchir, en détresse, ça m’a touchée. L’interview m’a bouleversée, la façon du journaliste d’aller loin dans ses questions et sa manière à elle de tout divulguer.»

Lire aussi: L’annonce de la mort de Romy Schneider dans le «Journal de Genève» (01.06.1982)

Pour elle, Trois jours à Quiberon «est une fiction, pas un documentaire. Ce sont des acteurs, les dialogues sont fictifs. […] Ce n’est pas un film sur l’actrice, mais sur une femme qui a du mal avec sa patrie, qui continue de la voir comme Sissi, adoptée et adulée par les Français. Mais Romy Schneider n’était pas une victime. […] J’ai beaucoup réécrit les propos. Mais quand elle dit «j’ai 42 ans et je suis malheureuse», c’est réel. Ce film parle de la manipulation de la presse, d’une femme qui doit être parfaite, endettée, qui connaît la pression, avec le désir d’être là pour ses enfants et le regret de ne pas y être. C’est complexe et universel.»

«Brutal et sexiste»

La technique d’interview de Stern était d’ailleurs assez «brutale et sexiste», explique Watson.ch. Le reporter avait aussi inventé des épisodes de la vie de Romy Schneider qui n’existaient pas. Mais Trois jours à Quiberon reste un film «de solitude et d’hédonisme», écrit la Süddeutsche Zeitung. «Avant elle, les stars de cinéma avaient une aura intouchable, et puis vint Romy Schneider», résume la Neue Zürcher Zeitung. Mais «cette déesse du septième art», qui a passé sa courte vie à traîner Sissi comme un boulet, «on ne l’avait jamais vue comme dans ce film-là». Ici, «une légende se livre», confirme le Spiegel.

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