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«Rosie the Riveter» a été le symbole du féminisme patriotique dans les années 1940.
© National Archives

La vie à 30 ans

«Rosie la riveteuse», le biceps de la victoire

OPINION. Naomi Parker est morte le week-end dernier. A elle qui était le modèle d’une icône figurant sur une célèbre affiche américaine, notre chroniqueuse doit beaucoup de fierté et de courage

On a toutes regardé cette image. Fond jaune pétant, cette si jolie fille en chemise bleue montrant son biceps, un bandana rouge à pois blancs couvrant les cheveux. Et ce slogan: «We Can Do It!» On a toutes regardé ce dessin, daté de 1943, d’un certain J. Howard Miller, parce qu’avec le temps – et surtout depuis une vingtaine d’années –, il a été décliné partout, en posters vintage accrochés dans nos chambres d’ados, en mugs ébréchés, en aimants pour frigos, en autocollants sur nos agendas d’étudiantes, en détournements de toutes sortes. Il était devenu un symbole féministe: c’est le genre d’image qui fait sourire et rend forte à la fois.

La fille du dessin, dont le titre était Rosie la riveteuse, est morte le week-end dernier en Californie. Elle avait 96 ans. Elle s’appelait Naomi Parker. Mais il y avait à peine deux ou trois ans qu’elle savait qu’elle en avait été l’inspiration.

Plusieurs femmes avaient revendiqué l’être, cette fille, sans doute de bonne foi. C’est d’ailleurs à la mort de l’une d’elles, en 2010, qu’un chercheur, James Kimble, décida d’en avoir le cœur net. Cela devint son obsession, et lui prit plus de cinq ans. Il finit par mettre la main sur une photographie avec une légende au nom de Naomi Parker, prise sur le chantier naval d’Alameda, en Californie, en 1942. Elle était passée dans un journal de Pittsburgh, la ville où Miller, le dessinateur, travaillait. Et il fit cette affiche pour les usines électriques Westinghouse, qui entendaient avec cela lutter contre l’absentéisme.

La photo noir-blanc que Kimble retrouva est magnifique. C’est elle, ce visage. Ce bandana pour que les cheveux ne se prennent pas dans les machines. Ce look pantalon de travailleuse en plein effort de guerre, et en même temps incroyablement sexy.

Kimble rencontra enfin Naomi Parker en 2015. Tombant un jour d’autrefois sur le dessin de Miller punaisé quelque part, elle avait effectivement pensé que ça lui ressemblait. Quand on avait donné alors la preuve que c’était bien elle et qu’on lui avait demandé ce que ça lui faisait, elle avait répondu: «Victory!» Durant presque toute sa vie, elle n’a pas su qu’elle était éternelle. Et qu’à nous, les femmes qui l’avions regardée, elle avait donné de la fierté et du courage. Victory. Merci Miss Parker.


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