Opinion

Royaume-Uni, Etats-Unis, France: malheur aux vainqueurs!

OPINION. Au Royaume-Uni, aux Etats-Unis et en France, des verdicts populaires constituant des ruptures historiques ont débouché sur des crises politiques majeures, constate notre chroniqueur David Hiler. Désormais, il n'y a ni vainqueur ni vaincu

Dans le monde actuel, tout va très vite. La crise économique et financière a déclenché une crise politique, latente ou déclarée, dans la plupart des pays occidentaux. Les valeurs qui faisaient consensus sont l’objet d’une remise en cause aussi profonde que véhémente de la part de très larges secteurs de l’opinion publique. Les partis traditionnels ne font plus recette; de nouvelles forces politiques émergent et parfois triomphent. Nous sommes au cœur d’un processus de changement de paradigme dont nous ignorons encore le mot de la fin. L’instabilité règne et les gagnants se retrouvent rapidement sous les feux de la critique. Ceux qui fêtent une victoire se retrouvent rapidement en mauvaise posture.

Prenez le Brexit: le 23 juin 2016, les Britanniques se prononcent à 51,9%, à l’issue d’une campagne houleuse, en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Les partisans du «leave» jubilent. Deux ans et demi plus tard, les pro-Brexit ne tiennent toujours pas leur victoire: les pionniers du souverainisme se sont discrètement retirés de la scène politique; les conservateurs sont incapables de trouver une majorité au parlement. Le spectre d’un «Brexit dur» hante les Anglais. Theresa May subit les pires humiliations.