Il était une fois

Au Royaume-Uni, la spirale absurde de la discorde sur le Brexit

OPINION. Le malheur britannique est un cas d’école de polémologie, écrit notre chroniqueuse Joëlle Kuntz. Que faire contre le jusqu’au-boutisme, sinon en construire un autre en face?

Lors d’un colloque sur le «journalisme constructif», à Genève, un reporter de Die Zeit a raconté qu’après une dizaine d’heures d’entretien avec un membre musclé de l’AfD, le parti d’extrême droite allemand, il avait réussi à trouver des points communs avec lui. A l’évocation de la mort d’une fillette syrienne, renversée par une voiture, l’homme, bouleversé, a proclamé son adhésion à l’accueil des réfugiés de guerre en Allemagne. Applaudissements de la salle.

Poursuivant son exposé destiné à démontrer l’utilité de l’interview approfondie et sans préjugé, le reporter l’a parsemé de citations dont celle-ci, d’une politologue américaine: «On fait comme si nos désaccords étaient plus grands qu’ils ne le sont en réalité.» Re-applaudissements de la salle, pacifique et civile. La réalité, hélas, est qu’«on fait» toujours comme ça.