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Pascal Crittin: «La SSR prépare un grand nombre de projets «interrégionaux», dans tous les domaines. C’est sa mission de raconter la Suisse dans sa diversité. Elle le fait déjà tous les jours et elle entend le faire davantage encore à l’avenir.»
© SALVATORE DI NOLFI / Keystone

Médias

La RTS raconte la Suisse dans sa diversité

OPINION. Le directeur du groupe public, Pascal Crittin, réagit à une chronique publiée dans Le Temps sur la circulation des fictions dans les différentes régions linguistiques

Cher Nicolas Dufour,

Quelle mouche vous a donc piqué pour publier récemment dans Le Temps un papier au vitriol sur ce que vous appelez «la triste impotence de la SSR» (LT du 30.06.18) et sa soi-disant dramatique absence de volonté de promouvoir la curiosité? A vous lire, les échanges de contenus entre les régions linguistiques seraient au point mort. Etonnante illusion d’optique. Le tableau est – heureusement – un peu plus contrasté que l’image que vous en donnez.

Lire aussi: Dans la circulation des fictions, la triste impotence de la SSR

Commençons par la fiction, puisque c’est votre domaine. A côté des exemples que vous donnez, pourquoi ne pas parler du succès du thriller alémanique Wilder, 6 épisodes diffusés ce printemps sur RTS Un (jeudi, 21h) avec une moyenne de 18% de parts de marché? Ou encore de la saga historique produite par la SSR sur la construction du Gothard, avec ses 30% de parts de marché sur la RTS? Et parmi les films d’auteur non romands diffusés sur la RTS en 2017, on pourrait citer le joli score de la Heidi de Gsponer (24%). Cela dit, toutes les séries ne sont pas destinées au succès, certaines n’ont d’intérêt que d’un côté ou de l’autre de la Sarine. C’est aussi cela la diversité, comme c’est le cas de Private Banking ou du Croque-mort, énorme succès en Suisse alémanique et peu suivies en Suisse romande.

La fiction est un des genres les plus «typés» culturellement parlant. Un film qui marche dans une région suisse ne réalise pas forcément la même performance ailleurs dans le pays. Mais les succès existent. Et la SSR entend bien y contribuer. Elle s’est fixé pour cela un double objectif ambitieux, en dépit des économies qu’elle doit réaliser: investir davantage encore dans la production de séries TV suisses – un investissement équivalent à plus de la moitié de son engagement financier actuel dans le Pacte de l’audiovisuel – et offrir à cette production une visibilité forte, chaque semaine et en soirée, sur les chaînes TV de SRF, RTS et RSI.

Pour autant, il n’y a pas que la fiction pour raconter la Suisse. Tous les jours sur nos antennes, il y a aussi les sujets que nous diffusons dans nos journaux d’information, les revues de presse, les papiers de nos correspondants présents dans toute la Suisse et partageant les mêmes studios au Palais fédéral ou à l’étranger. Au fil des semaines, nos magazines échangent un grand nombre d’enquêtes et de reportages. De nombreux documentaires, coproduits et diffusés sur toutes les chaînes TV de la SSR, racontent les exploits des secouristes en montagne, la cuisine de nos régions, la vie de Suisses établis à l’étranger – ou, en miroir, celle d’immigrés récemment installés chez nous. Sans parler des émissions alémaniques et tessinoises que nous sous-titrons et adaptons pour les diffuser sur la RTS, comme Einstein (magazine scientifique de SRF) ou Falò (magazine d’investigation de RSI).

Tout au long de l’année, nos radios musicales échangent les concerts qu’elles enregistrent et mettent en avant la musique suisse. Ensemble, elles produisent des événements comme les Purple Nights, la Schubertiade ou, en septembre prochain à Lausanne, Label Suisse.

Sans parler des opérations spéciales où RTS, SRF et RSI mettent leurs forces en commun, comme lors des élections fédérales ou, en novembre dernier, lors de la soirée nationale en direct sur les effets du changement climatique en Suisse (+3°).

La SSR prépare un grand nombre de projets «interrégionaux», dans tous les domaines. Non pas pour des raisons politiques, car ils auraient alors peu d’intérêt et de saveur pour le public, mais parce que c’est sa mission de raconter la Suisse dans sa diversité. Elle le fait déjà tous les jours et elle entend le faire davantage encore à l’avenir.

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