Après quatre séries de débats consacrés à la justice internationale, aux addictions, à l'Afrique, et à la sécurité, c'est au tour de Korine Amacher, professeure d’histoire russe et soviétique à l’Université de Genève, de donner la parole à celles et ceux qui ont consacré leur vie à étudier l’histoire, la culture, la littérature, l’art et les sociétés d’Europe centrale et orientale.

Notre dossier: Russie-Ukraine, archipel de la guerre

Le 24 février, ma femme et moi étions en France. Nous sommes immédiatement rentrés en Russie. Nous n’avons pas tenté de rester; il était clair que chacun aurait désormais une tâche différente. Certains allaient créer une «Russie en exil», poursuivant les traditions de Herzen, Soljenitsyne et Brodsky. D’autres soutiendraient leurs concitoyens chez eux aussi longtemps que possible. Cette tâche nous était plus claire, plus proche. Les premiers parleront plus fort que les seconds; les seconds observeront de leurs propres yeux ce qui se passe dans le pays. Les deux préserveront l’idée d’une Russie libre et pacifique.